
La Banque centrale européenne (BCE) va-t-elle augmenter ses taux dans deux semaines ? C’est toute la question, alors que la guerre au Moyen-Orient est venue une fois de plus rebattre les cartes. Ce jeudi 5 mars, Morgan Stanley a toutefois revu ses anticipations de politique monétaire pour la zone euro en 2026 et pense que la BCE devrait maintenir ses taux inchangés, notamment à cause des tensions autour du détroit d’Ormuz qui ont entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz. Mais pour Agnès Verdier-Molinié, «les crises en gestation pourraient se retrouver accélérées».
Interrogée sur les futurs arbitrages de l’instance européenne, la directrice de la Fondation IFRAP met en garde contre une «crise financière, et une crise de la dette». Selon elle, c’est tout simplement «un test sur la dette de la France que nous allons aborder dans de mauvaises conditions», l’éditorialiste citant notamment les mauvaises conditions budgétaires. «Nous ne sommes pas prêts à une crise hybride à mi-chemin entre celles qu’on a déjà affrontées ces derniers temps», a-t-elle alerté sur CNews.
Les taux sur les dettes à la hausse en Europe
Agnès Verdier-Molinié a notamment rappelé que la charge de la dette était prévue en 2027 à plus de 80 milliards. «Evidemment, si les taux montaient avec ces tensions inflationnistes, ce seraient des milliards et des milliards en plus à payer. Des milliards qu’on n’a pas aujourd’hui», souligne-t-elle. Plus tôt sur Europe 1, celle qui est aussi essayiste rappelait qu’en 2022, les taux sur notre dette étaient montés à 3%. Il y avait alors eu un «effet conjugué de l’inflation, de la guerre en Ukraine et de la hausse des taux de la BCE».
Or évidemment, la situation en Iran «ne présage rien de bon», a-t-elle souligné. «Depuis le début du conflit, les taux sur les dettes en Europe sont repartis à la hausse. Hier, nous étions à 3,44 sur la dette à 10 ans, alors que nous étions autour de 3,22 juste avant le début du conflit.» Pour rappel, en 2022, l’inflation avait atteint 8% en Europe, avec même un pic record à 9,2%.
«L’inflation a déjà grimpé à 1,9 en zone euro en février, mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. La guerre au Moyen-Orient pourrait peser beaucoup plus fortement sur les prix à la consommation en mars», a-t-elle encore alerté sur Europe 1. Et ce serait même pire si le conflit durait ne serait-ce que quelques semaines : «L’inflation pourrait grimper autour de 2,5%». En cas de conflit plus long, il y aurait des conséquences encore plus concrètes sur le prix du gaz et évidemment le pétrole.



















