Décidément, les affaires tournent au vinaigre pour l’ex-champion de l’électronique. Jeudi, 217 patients ont déposé plainte auprès du Pôle de santé publique du parquet de Paris pour mise en danger de la vie d'autrui, tromperie aggravée, administration de substances nuisibles ou homicide involontaire, a confié ce vendredi à Capital Maud Perdriel-Vaissière, la porte-parole de MyLeo. Cette plate-forme d’actions judiciaires collectives fondée par l’avocat maître Christophe Lèguevaquès fédère les plaignants, parmi lesquels la Fédération française des associations & amicales de malades, insuffisants ou handicapés respiratoires (FFAAIR) et l’Association des accidentés de la vie (Fnath). L’offensive juridique, portée au pénal, survient après le début d’une procédure civile, initiée en début de semaine par 1 341 demandeurs, qui réclament chacun 15 000 euros au titre de la réparation du préjudice d’anxiété.

Les plaignants accusent Philips d’avoir trop tardé à remplacer ses respirateurs défectueux, censés traiter l’apnée du sommeil ou parer à des insuffisances respiratoires. Voilà deux ans, le fabricant avait reconnu que la mousse en polyuréthane destinée à insonoriser ces appareils médicaux se désagrégeait avec le temps, exposant les patients qui inhalaient les poussières à des maux de tête, des irritations, de l’asthme… Sans exclure des risques de cancer, à plus long terme. Les utilisateurs disent fonder leurs craintes sur un rapport de toxicologie commandé à une experte indépendante de l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). « Les analyses complètes que nous avons effectuées au cours des deux dernières années indiquent que la prévalence de la dégradation visible de la mousse est faible, et que les émissions de composés organiques volatils et de particules détectées se situent dans les limites de sécurité applicables », se défend Philips, contacté ce vendredi par Capital.

Tout de même, rien qu’en France, les défaillances de ses respirateurs ont touché quelque 373.000 utilisateurs. La bataille juridique qui s’annonce pourrait donc bien ébranler la multinationale, qui se fait toujours appeler Royal Philips au pays des moulins à vent. Voilà pourtant belle lurette qu’il n’y a plus grand-chose de royal chez l’ex-poids lourd des rayons hi-fi, vidéo et électroménager. Et que cet ancien fleuron de l’électronique, reconverti à marche forcée dans la santé, ne fait plus rien d’autre que se serrer la ceinture. L’an dernier, l’entreprise (77.000 salariés, 17,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a ainsi accumulé une perte nette de 1,6 milliard tandis que, dans le même temps, ses réserves de cash fondaient de moitié, à 1,2 milliard, et que sa dette flambait de près de 50%, à 7 milliards.

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