
Elles n’étaient qu’une vingtaine il y a quatre ans, puis une quarantaine. Elles sont désormais plus de cent. 113 femmes ont déjà déposé plainte dans l’affaire des implants vaginaux «défectueux», a appris France Inter. Ces prothèses sont normalement posées dans le cas d’incontinences ou de descentes d'organe, mais de nombreuses femmes dénoncent depuis quatre ans être sujettes à des effets secondaires et des complications irréversibles. Interrogée par la radio, une quarantenaire explique qu’elle a dû être opérée en 2019 à la suite de complications liées à l'endométriose.
Sauf que depuis, elle ne peut plus se déplacer sans sa canne. «Je ne peux pas rester debout en statique. La position assise est compliquée. Conduire me provoque aussi des douleurs. Ma vie est un enfer depuis la pose de la bandelette», avoue-t-elle au micro de France Inter, concédant que la douleur «ne (la) quitte plus», elle est présente «24 heures sur 24». Elle a décidé de porter plainte comme 112 autres femmes, car, après avoir envisagé le suicide assisté, elle compte se faire opérer, mais aux États-Unis. Une opération onéreuse.
Une opération qui «détruit» les femmes
«Découvrir toutes les histoires de femmes qui subissaient, comme moi, de mauvais diagnostics par les médecins alors qu'ils savaient pertinemment que la cause était la bandelette, c'est vous faire passer le message : 'C'est dans votre tête, les douleurs n'existent pas'. C'est m'avoir menti pendant toutes ces années-là», fustige-t-elle aujourd’hui. Car elle en est persuadée, ces opérations, «à terme, détruisent les femmes». «On m’a volé cinq ans de ma vie», lâche-t-elle.
En 2019, une institutrice quinquagénaire s’était fait poser un implant similaire. Il devait résoudre son incontinence urinaire à l'effort et il avait été présenté comme la «solution idéale, en ambulatoire». Mais très vite, sa vie a basculé puisqu’elle ressent une «vive douleur électrique» dans le bassin et la hanche gauche, «comme si elle était écartelée, qui irradie jusque dans le pied». Impossible de s'asseoir, d'avoir une vie sexuelle et de marcher. Très généralement, on ne peut pas enlever ce genre d’implants une fois posés et les patientes reprochent aux laboratoires d’avoir minimisé ou dissimulé les risques entraînés par ces dispositifs. Elles sont d’ailleurs interdites en Australie ou aux États-Unis.
Une femme a eu recours au suicide assisté
Une enquête préliminaire a été ouverte depuis le 20 avril 2021 pour tromperie aggravée et blessures involontaires, confiée à l'Office de lutte contre les atteintes à la santé publique (OCLAESP). L’année dernière, une femme de 42 ans, qui souffrait le martyre, avait décidé de recourir au suicide assisté en fin d'année dernière en Belgique, indique France Inter. Pour se faire entendre, les plaignantes ont lancé l’association Balance Ta bandelette. Aujourd'hui, le groupe réunit plus de 900 femmes porteuses d'un implant vaginal et victimes de complications.



















