
La présidente de Sodexo, Sophie Bellon, avait prévenu : 2026 sera une «année de transition». Résultat : à la suite de la révision à la baisse de ses perspectives pour l'exercice 2025-2026, le groupe français de restauration collective et de services a dégringolé en Bourse. Sodexo, dont le bénéfice net s'élève à 188 millions d'euros, prévoit désormais pour 2025-2026 une croissance interne du chiffre d'affaires et une marge d'exploitation plus faibles que prévu. «Nous avons mené une revue approfondie de nos contrats et de nos actifs. Les impacts financiers à court terme de cette revue se répercutent à la fois sur nos résultats du premier semestre et dans les perspectives révisées pour l'exercice», déclare le directeur général Thierry Delaporte, cité dans un communiqué.
Sophie Bellon avait aussi prévenu en octobre que le groupe allait «accélérer les investissements, ce qui va peut-être peser sur nos marges à court terme mais qui est indispensable pour l'avenir». De septembre 2025 à février 2026, le chiffre d'affaires du groupe s'établit à 12 milliards d'euros, en baisse de 3,7%. Thierry Delaporte reconnaît dans le communiqué que son groupe a fait moins bien sur la période que «le marché et (ses) principaux concurrents». «Nous avons sous-investi dans des compétences et nous n'avons pas été assez constants dans le déploiement de nos offres, dans l'exécution, mais aussi dans la fiabilité de notre performance et de nos prévisions», a-t-il détaillé auprès de journalistes.
Sodexo mise sur la croissance
Ces annonces ont été immédiatement sanctionnées par les investisseurs. Dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, le titre Sodexo dévissait de 18,94% à 35,94 euros, dans un marché à l'équilibre. «Les causes sont profondes et anciennes», a expliqué le directeur général arrivé en novembre dernier. «Il y a d'abord un enjeu en matière d'intensité commerciale, il faut être avec son client, le connaître, le comprendre, répondre à ses attentes, mais aussi le surprendre», a-t-il dit. «Il y a également un enjeu en matière de responsabilité et d'efficacité dans la prise de décision. Notre structure aujourd'hui est trop lourde», a-t-il ajouté.
«Enfin, Sodexo n'a pas assez investi dans les expertises et les outils qui sont nécessaires pour fiabiliser l'exécution, l'efficacité commerciale», selon lui. Sodexo présentera «sa feuille de route et ses ambitions à moyen terme» lors d'une présentation investisseurs qui se tiendra le 16 juillet à Paris. «Aujourd'hui, les objectifs sont clairs. J'entends reconstruire le moteur de croissance et restaurer la discipline d'exécution et de responsabilité dans toute l'organisation. La croissance est la solution», a asséné Thierry Delaporte qui, outre ses fonctions de directeur général.
L'équipe dirigeante renouvelée en Amérique du Nord
Il a aussi «pris en direct la supervision de l'Amérique du Nord». «Cela ne veut pas dire que j'ai vocation à garder en direct l'Amérique du Nord de manière continue, je le fais aujourd'hui et un jour je passerai la main», a-t-il dit. En cinq mois, il a renouvelé 70% des équipes de direction de cette région qui représente un peu moins de la moitié des ventes du groupe et a réalisé au premier semestre un chiffre d'affaires en baisse de 9,7% à 5,39 milliards d'euros.
Sodexo évoque des pertes de contrats dans la catégorie «Education» et «Entreprises & Administrations» et une base de comparaison élevée pour sa branche événementielle Sodexo Live! En Europe et dans le reste du monde, les ventes progressent de 1,9% respectivement à 4,42 milliards d'euros et 2,2 milliards d'euros.



















