Trop «riches» pour prétendre à un logement social mais pas assez pour se loger dans de bonnes conditions dans le parc privé. C’est le sort de nombreux ménages de la classe moyenne habitant dans les grandes métropoles, à commencer par l’agglomération parisienne. «Depuis plusieurs années, beaucoup de Parisiens peinent à se loger dans de bonnes conditions à des prix abordables, en raison de l’augmentation du nombre de résidences secondaires et de meublés touristiques, et de passoires thermiques qui sont mises petit à petit hors du marché locatif par la loi», regrette la ville de Paris dans un communiqué.

C’est pourquoi elle vient de créer une «foncière du logement abordable», avec la commune de Saint-Ouen-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, qui connaît la même problématique de logement des classes moyennes. Et plus précisément des «jeunes actifs, des familles monoparentales et des travailleurs clés, comme les enseignants, les personnels administratifs et soignants». Détenue à 99% par la ville de Paris et à hauteur d’1% par celle de Saint-Ouen, la foncière achètera des immeubles, dont elle confiera la gestion à des bailleurs sociaux dans le cadre de baux emphytéotiques, c’est-à-dire d’une durée de 18 à 99 ans. Les bailleurs sociaux mettront les appartements en location à des prix «abordables», c’est-à-dire à des loyers inférieurs d’au moins 25 % à ceux du marché locatif privé. Le groupe Communiste et citoyen, qui siège au Conseil de Paris, donne l’exemple de loyers de 572 euros pour un bien de 24 mètres carrés et de 878 euros pour une surface de 42 mètres carrés.

Loyers : leur encadrement est de mieux en mieux respecté, sauf dans une région...

40% de logements publics à Paris d’ici 2035

Le Conseil de Paris a voté un budget de 50 millions d’euros par an pour «amorcer le mouvement» de la foncière. S’y ajouteront les loyers issus des baux emphytéotiques conclus entre la foncière et les bailleurs sociaux. Selon de premières modélisations, la capacité d'investissement de la foncière s’élèverait à quelque 120 millions d’euros par an, ce qui lui permettrait d’acquérir environ 350 logements chaque année. Elle achètera des immeubles comportant une part «importante» de logements vacants et nécessitant des travaux de rénovation énergétique. «Aucun arrondissement n’est privilégié pour ces opérations, qui dépendront avant tout des opportunités de marché», précise la ville de Paris.

Cette dernière renforce ainsi son offre de logements locatifs intermédiaires, à mi-chemin entre HLM et parc privé. La capitale entend en effet proposer d’ici 2035 40 % de logements publics, dont 10 % de logements «abordables» et 30% de logements sociaux.

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