
Production neuve au plus bas et interdiction progressive des passoires thermiques, Paris fait face à une contraction de son offre de logements. Tous les candidats promettent un “choc d’offre”, mais les stratégies divergent sur les leviers à activer.
Agir sur le parc existant
Plutôt que de miser uniquement sur la construction, les candidats ciblent d’abord l’offre existante.
Sur les meublés touristiques, le camp de Sophia Chikirou défend un renforcement des contrôles afin de récupérer des logements destinés à la location longue durée. À l’inverse, Sarah Knafo privilégie une coopération avec Airbnb, estimant qu’un déploiement massif de contrôles serait coûteux et d’efficacité incertaine.
Le clivage est tout aussi marqué sur l’encadrement des loyers. Le camp Chikirou défend une régulation renforcée, considérant que “le marché ne fonctionne pas à Paris”. Le camp Mariani, représenté par Amaury Pozo di Borgo, plaide pour un “marché libéré”, estimant que la suppression de l’encadrement restaurerait la rentabilité et inciterait les propriétaires à louer.
Taxe foncière : le cœur de l’arbitrage
C’est sur la fiscalité que le clivage devient le plus structurant.
Sarah Knafo propose de diviser par deux la taxe foncière. Pour compenser la perte de recettes, elle avance un plan d’économies de 10 milliards d’euros sur dix ans, ainsi que des cessions d’actifs municipaux, dont une partie du parc social.
Le camp Rachida Dati, représenté par le député Sylvain Maillard, défend une baisse plus progressive de 20 % sur cinq ans, assortie d’exonérations ciblées pour les logements rénovés, notamment les biens classés F ou G.
À l’opposé, le camp Chikirou assume le maintien des recettes fiscales pour financer rénovation énergétique, logement social et hébergement d’urgence, estimant qu’une baisse massive fragiliserait la capacité d’investissement de la Ville.
L’équation reste délicate : avec une dette estimée entre 10 et 12 milliards d’euros, toute réduction significative de la taxe foncière impliquerait des coupes budgétaires ou des cessions d’actifs pour la Ville.
PLU et parc social : des équilibres fragiles
Le Plan local d’urbanisme divise également. Sarah Knafo et le camp Mariani proposent de l’abroger ou de le simplifier, estimant qu’il freine la construction et la transformation de bureaux en logements. La gauche défend au contraire son maintien comme outil de régulation.
La vente d’une partie du parc social constitue un autre point de fracture, soutenue à droite pour dégager des marges financières et critiquée à gauche.
Derrière les slogans, deux visions s’opposent : renforcer la régulation pour corriger un marché jugé déséquilibré, ou alléger massivement fiscalité et contraintes pour relancer l’investissement privé.

















