Selon les résultats d’une enquête Foodwatch, ONG qui a pour objectif de favoriser une alimentation saine et durable, des résidus de pesticides interdits sont présents dans de nombreux produits du quotidien, selon RMC. Les résultats démontrent que 64 produits vendus en France, en Allemagne, en Autriche ou au Pays-Bas sont concernés par ce problème. L’enquête s’est concentrée sur les épices, le riz, ou encore des thés pour rechercher des traces de pesticides.

Concrètement, sur les 64 produits testés, pas moins de 49 produits contiendraient des résidus de pesticides dont 45 sont interdits en Europe. En tout, 54 résidus différents ont été analysés, et parmi eux 27 sont interdits au niveau européen. Sur les 15 produits français testés, 13 contiennent des résidus de pesticides, parmi lesquels 12 sont interdits. Côté épices, Albert Ménès, Ducros, et Intermarché sont cités. Pour les thés, Foodwatch cite Lipton, Twinings, Carrefour, Leader Price et Monoprix parmi les marques concernées. Sur les dix échantillons d’épices et de thés analysés, neuf contiendraient des substances non autorisées. Pour l’ONG, cette présence massive de résidus est une alerte.

Des niveaux parfois supérieurs aux seuils autorisés

Par ailleurs, certains produits cumulent des résidus de pesticides différents. C’est le cas par exemple du paprika doux moulu Ducros qui cumule près de 18 résidus de pesticides dont 6 interdits, et du même produit de la marque Bouton d’or, qui en compte 14 dont 5 non-autorisés. D’autres produits contiennent des pesticides à une dose qui dépasse les limites maximales de résidus prévues. Le paprika doux de Ducros présente des traces de chlorfénapyr, insecticide non-autorisé, et du flonicamide également, au-dessus des limites autorisées. Le riz Le Thaï de la marque Taureau Ailé présente aussi un pesticide, à des doses supérieures aux limites fixées par la loi, de l’anthraquinone.

Selon plusieurs épidémiologistes, un lien a été établi entre la consommation de certains pesticides et certains cancers et maladies neurologiques. Certains de ces pesticides sont aussi soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Par ailleurs, l'association Foodwatch se montre aussi très critique des politiques européennes sur le sujet. En effet, selon l’association, plusieurs pesticides interdits dans l’UE continueraient d’être exportés vers des pays tiers avant de revenir dans des aliments importés ensuite.