
Fin 2025, la dette publique française a atteint un niveau record en se rapprochant des 3 500 milliards d’euros. Et si l’année dernière, l’Etat français empruntait avec un taux d’intérêt de 3,14% à moyen et long terme, ce taux ne cesse d’augmenter (2,91% en 2024). Et il explose à nouveau, à en croire Europe 1. Désormais, le taux obligataire français à dix ans flirte avec les 4%. Au-delà du chiffre, ce niveau est supérieur à la période suivant la dissolution de l’Assemblée nationale, mais surtout, il n’avait plus été aussi haut depuis 18 ans (crise des subprimes en 2008).
En empruntant aussi cher auprès des investisseurs sur les marchés obligataires pour financer sa dette, la France prend le risque de se retrouver dos au mur. En décembre dernier, l’Agence France Trésor (AFT) chargée de la gestion de la dette publique avait confirmé que la France devrait lever 310 milliards d’euros sur les marchés en 2026. Mais d’ores et déjà, le ministère de l’Economie a alerté sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient qui devraient plomber un peu plus les intérêts de la dette. Dans un contexte d’inflation, les conséquences pourraient être nombreuses.
Vers une hausse des taux de crédit ?
C’est ce qu’explique au micro d’Europe 1 l’économiste Matthieu Plane : «À partir du moment où vous avez cette combinaison d'un déficit public déjà élevé, plus une hausse des charges d'intérêts qui pourrait être supérieure à ce qu'on avait anticipé, on voit que le gouvernement, qui souhaite à mon avis mettre en place des dispositifs, a très peu de marge de manœuvre.» Peu de marge, donc, et les Français pourraient en pâtir.
Car s’il y a une remontée des taux «il est probable qu'on ait une partie qui se transmette aux ménages et aux entreprises à travers le système bancaire», décrypte l’économiste. Une hausse des taux serait en effet un frein aussi bien à la consommation qu’aux futurs investissements dans l’immobilier, notamment. Si la banque centrale européenne n’a pas encore remonté ses taux, elle pourrait le faire en cas d’inflation croissante dans les semaines à venir.
Invité de RMC et BFM ce mercredi 20 mai, l’ancien ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a alerté sur «un risque de choc économique et financier majeur dans les mois qui viennent». Appelant à «changer et refonder les modèles économiques français et européen», il a aussi dit «assumer toutes ses responsabilités sur la dette», avant de se targuer d’avoir fait «des choix fondamentaux», citant la baisse de l’impôt sur les sociétés, la flat tax à 30% la baisse de l’impôt sur les ménages, la réforme de l’assurance chômage ou encore le lancement du PER.












