
L’ancien président de la Cour des comptes Pierre Moscovici ne passe pas par quatre chemins. Dimanche 21 décembre, lors de son passage sur le plateau de l’émission Le Grand Jury sur RTL, il alerte sur une menace tant silencieuse que coûteuse : la France emprunte «de plus en plus cher». Un phénomène lié au marché et aux agences de notation, que l’ancien commissaire européen à l’Économie et à la Productivité désigne comme étant la cause d’un blocage politique persistant. Et selon lui, la sortie de cette crise autour du budget 2026 ne pourra pas relever seulement de l’action du Premier ministre, mais de l’action de l’ensemble des forces politiques françaises.
Interrogé sur l’action de Sébastien Lecornu, Pierre Moscovici se garde bien de donner des consignes au Premier ministre, considérant que c’est au chef du gouvernement «d’apprécier la situation». Pour l’ancien président de la Cour des comptes, il y a deux solutions : un compromis que le Parlement n’est pas arrivé à trouver pour l’heure, ou la remise en cause de la responsabilité gouvernementale.
Les marchés en ligne de mire
Pour balayer l’image d’un «grand méchant loup bruxellois», Pierre Moscovici insiste aussi sur un autre point : «la Commission européenne est bienveillante avec la France». Pour lui, les vrais problèmes expliquant le taux d’emprunt de la France restent les marchés et les agences de notation, qui ne font que refléter leur perception de la situation française. Or, c’est à ces marchés que «nous empruntons notre argent», explique-t-il.
Une situation dont l’ancien commissaire européen se dit «stupéfié», notamment parce que la dette française est aujourd’hui plus élevée que celle de la Belgique, du Portugal ou de l’Espagne, avec des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la Grèce. Un scénario qu’il jugeait alors inimaginable en 2019, alors qu’il quittait la Commission européenne. Pour lui, l’enjeu est clair : la France se pénalise elle-même en envoyant des signaux de «négligence», et en empruntant plus cher, elle heurte sa crédibilité, mais aussi sa capacité à agir. Pour Pierre Moscovici, sans trajectoire budgétaire claire, le coût de l’inaction sera de plus en plus important.


















