
La situation est devenue intenable pour trop de Français. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix des carburants ont flambé, impactant fortement le pouvoir d’achat des Français et de nombreuses professions. Après l’annonce de premières aides en avril, Sébastien Lecornu a ressorti le chéquier jeudi 21 mai. Mais attention, il ne s’agit pas d’aides généralisées : 710 millions d’euros d’aides nouvelles qui vont venir s’ajouter aux 470 millions annoncées précédemment. Au total, la facture pour l’Etat s’élève à plus d’1,2 milliard d’euros.
Et comme l’ont répété le Premier ministre et le ministre des Comptes publics, il ne s’agit pas d’un chèque en blanc : il faudra financer ces aides autrement. Faire des économies ? C’est une nouvelle fois le message martelé par le locataire de Bercy. Sur le plateau du 20 heures de France 2, Roland Lescure a confirmé la somme d’1,2 milliard d’euros et la création au mois de juin d’un comité d’alerte sur les finances publiques «dans le but de s’assurer des prévisions de croissance, des prévisions de recettes et de dépenses».
Pour Roland Lescure, il faut «trouver de l’argent ailleurs»
Le but affiché par le gouvernement est aussi d’«actualiser la facture». «On avait dit que c’était six milliards d’euros, et on va redéployer», a lancé Roland Lescure. Redéployer ? Une autre manière de dire qu’il faut faire des économies. «Il va falloir faire des économies ailleurs», a confirmé le ministre, martelant qu’«aujourd’hui, quand un ministère donne des aides, il doit trouver l’argent ailleurs dans son budget». Et de mettre en garde : «Des économies, il va falloir en faire, pas seulement parce qu'on n'a plus d'argent, mais parce que les aides d'aujourd'hui, si on ne les finance pas aujourd'hui, ce sera des impôts demain.»
Quelques heures plus tôt, le Premier ministre avait confirmé que face aux conséquences du conflit en Iran, il allait falloir «faire un certain nombre d'économies». Toutefois, le locataire de Matignon a voulu rassurer : «Dans le texte du projet de loi de finances 2027 qui sera présenté lors du conseil des ministres de mi-octobre, il n'y aura pas de proposition d'augmentation d'impôts.» Actuellement, la guerre au Moyen-Orient n'a créé «aucun surplus budgétaire», a laissé entendre le ministre des Comptes publics, David Amiel.
Pas de «cadeaux bizarres au mois de mai»
Ceci est dû en particulier au surplus de recettes liées aux carburants, évalué à dix millions d’euros comparé à 2025. Ce n’est toutefois pas suffisant pour absorber le coût des nouvelles aides. Si Sébastien Lecornu a confié le gouvernement «aimerait en faire plus pour beaucoup de gens», il a rappelé que les «cadeaux bizarres au mois de mai, qui se transforment en augmentation d'impôts (nouvelle fenêtre) à l'automne, ce n'est pas ce que le gouvernement propose».












