La guerre au Moyen-Orient rabat les cartes. Face aux députés, Sébastien Lecornu a déclaré, ce mardi 19 mai, que de nouvelles coupes budgétaires sont envisagées, au-delà des 6 milliards d’euros de gels de crédits déjà prévus par le gouvernement. Une décision qui s’explique principalement pour compenser « l'impact » de la guerre au Moyen-Orient. «Malheureusement, cette géopolitique s'est installée dans le réservoir des Françaises et des Français et malheureusement, nous le voyons, sous une forme ou sous une autre, cela va durer», a affirmé le Premier ministre en réponse à une question du député Horizons de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli, selon BFMTV.

D’autant plus que, selon lui, «les guerres hybrides ou malheureusement les guerres plus directes vont se multiplier. Conséquence : le déploiement de l’armée crée des dépenses, des impacts sur les finances publiques qui n’étaient évidemment pas prévus lorsque nous avons voté le budget», a déploré le locataire de Matignon. Pour rappel, l'exécutif avait annoncé, mi-avril, des économies budgétaires à hauteur de 6 milliards d'euros sous la forme de gels de crédits ou d'annulations ciblées, afin de pallier les dépenses liées à la guerre au Moyen-Orient.

Des aides ciblées à prévoir pour la chimie ?

L’effort pèserait pour 4 milliards d’euros sur l’État et 2 milliards d’euros dans la sphère sociale. «Cela va sans dire qu'on y reviendra en transparence», a poursuivi Sébastien Lecornu, sans communiquer plus de détails sur la nature des coupes budgétaires supplémentaires. En ce sens, le gouvernement a déjà effectué plusieurs aides ciblées à destination des secteurs économiques les plus exposés à la crise, comme la pêche ou le BTP. «Nos amis pêcheurs font un calcul coût / avantage : soit il y a une rentabilité à sortir, les bateaux prennent la mer, soit il n'y a pas de rentabilité à sortir, les bateaux restent à quai», a poursuivi Sébastien Lecornu.

D’autres secteurs sont également en difficulté, comme l’agriculture et le logement. La raison ? «Parce que la capacité à produire est là. Parce que malheureusement, le coût des intrants et pas que le GNR, mais les engrais, et l’ensemble des matériaux dérivés du pétrole, le plastique pour ne citer évidemment», a précisé le Premier ministre qui a appelé les ministres de l'Économie Roland Lescure et de l'Industrie Sébastien Martin à «faire rapidement des propositions» pour une filière «dont on parle peu», à savoir la chimie.