C’était une paisible journée d’été dans l’Ain le 4 juillet 2025. A l’époque, comme une grande partie de la France, Virieu-le-Grand croule sous la chaleur, un épisode caniculaire frappe en effet le département à l’Est du Rhône. Mais en plein après-midi, un retraité, cloîtré chez lui les volets fermés pour préserver un îlot de fraîcheur, a eu une désagréable surprise, raconte Midi Libre en se basant sur une information du Progrès. «J’étais seul, dans mon bureau (…) Tout à coup, un Rafale est passé au-dessus de ma maison», se rappelle-t-il.

Jusque-là, rien d’anormal, sauf qu’il va entendre «comme un craquement métallique, un bruit bizarre». Malgré cela, il ne s’inquiète pas outre mesure et ne sort de chez lui qu’une demi-heure plus tard. C’est là qu’il découvre l’ampleur des dégâts : une partie de son toit a été soufflé par le passage du Rafale à trop basse altitude. Dans son jardin, il tombe sur «des débris de tuiles aspirées et projetées de partout». Au total, une vingtaine de tuiles a disparu de sa toiture. «Autour de la cheminée, cinq à six mètres carrés ont été soulevés et déplacés de quelques centimètres», décrit-il à nos confrères.

Des débris à 18 mètres !

La violence du choc fut telle qu’il a retrouvé la plus éloignée à 18 mètres de sa maison, tandis que le volet de sa fenêtre de toit a aussi été endommagé. Immédiatement, l’octogénaire va faire constater les faits par des gendarmes qui pensent même qu’une pièce a pu se détacher de l’appareil. Eu égard à l’ampleur du trou, il décide de remettre les tuiles le jour même et de faire intervenir un charpentier pour faire les réparations nécessaires les jours suivants. Tout à sa charge évidemment, environ 1 500 euros.

S’il espère que son assurance va prendre en charge les dégâts, le retraité va avoir une très mauvaise surprise : ce n’est pas le cas ! Il va alors déposer plainte pour tenter d’obtenir des dommages et intérêts, mais la justice ne va pas aller en son sens. A son plus grand désarroi, le tribunal judiciaire de Lyon a classé l’affaire sans suite «au motif que les faits dénoncés ou révélés dans le cadre de cette procédure ne sont pas punis par un texte pénal».

Des survols légaux selon le ministère des Armées

Autrement dit, les travaux de rénovation resteront à sa charge. Ce qu’il regrette aujourd’hui, c’est que la dangerosité de ce genre de survol ne soit pas reconnue. Quelques jours plus tôt, il se trouvait avec sa famille dans le jardin : «Il y aurait eu un mort, car quand des avions passent, on n’a pas le temps de réagir», alerte-t-il. D’autant que d’autres habitants du secteur ont déjà dénoncé ces survols avec des conséquences. De son côté, le ministère des Armées explique dans Le Progrès que «ces entraînements s’inscrivent dans un cadre réglementaire strict» et que «les zones concernées sont définies pour limiter autant que possible l’impact sur les populations, en privilégiant les secteurs les moins densément peuplés».