L’hécatombe se poursuit dans le secteur de la mode, et plus particulièrement dans l’habillement pour enfants. Après les marques Du Pareil au Même, Sergent Major ou encore Natalys, Okaïdi avait été placée en redressement judiciaire, quelques jours après la demande de sa maison-mère, le groupe IDKIDS. Une procédure validée par le tribunal de commerce de Lille Métropole qui valait pour toutes les marques du groupe, à savoir Obaïbi, Oxybul, IDLOG et donc Okaïdi. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Dans le cadre de ce plan de restructuration, l’enseigne va supprimer 290 postes, rapporte Midi Libre.

Dans le même temps, Okaïdi va fermer une soixantaine de magasins dans le pays, indique l’enseigne dans un communiqué, affirmant être confrontée à «un environnement durablement dégradé». Elle cite notamment la baisse de la natalité ou encore «la pression sur le pouvoir d’achat des familles» et «l’essor de la seconde main et la concurrence de l’ultra fast-fashion». Pour l’entreprise, qui emploie environ 2 000 salariés en France, cela représente donc 15% de ses effectifs.

Une centaine de magasins fermés à l’étranger

Une mauvaise nouvelle, malheureusement attendue par les représentants syndicaux : «On s'y attendait, on savait qu'une décision lourde de conséquences allait être prise», explique à France 3 Hauts-de-France l’élue au CSE et au CHSCT, Betty Parisseaux. Elle craint pour l’avenir de nombreuses femmes : «Il y aura des personnes sur le carreau. On a beaucoup de femmes seules qui travaillent en magasins, des mamans. Certaines ont 20 ans d'ancienneté. À 50 ans, se retrouver licenciées après autant d'années, ça fait mal.»

Du côté de la CGT, on se satisfait du maintien de l’activité : «C’est un soulagement pour nous, pour la marque et pour l’ensemble du groupe. Au moins, nous avons une continuité, car on avait peur d’une liquidation», a réagi auprès de l’AFP la déléguée syndicale, Farida Khelifi. Dans le même temps, la marque Okaïdi va cesser toute opération dans plusieurs pays : en Allemagne, en Pologne et au Portugal, des pays décrits comme «structurellement déficitaires». Une centaine de magasins au total vont fermer à l’étranger.

«Accélérer la transformation du groupe»

Cette décision s’inscrit dans un plan plus global pour «accélérer la transformation» du groupe et lui «redonner du temps et de la capacité financière». C’est dans ce cadre qu’IDKIDS s’est séparé de son enseigne haut de gamme Jacadi. Sur les 800 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés par le groupe, Okaïdi en réalise près de la moitié (300 millions). «L'avenir est incertain même pour ceux qui restent au vu du contexte actuel. Les clients ne viennent plus en magasin», a quand même mis en garde Betty Parisseaux auprès de France 3.