Boulevard des Maréchaux, dans le sud-ouest parisien, la Tour Triangle lance vers le ciel sa structure effilée, toute de verre et d’angles. Au cœur du parc des Expositions de la porte de Versailles, le nez sur le périphérique, la construction du nouveau gratte-ciel parisien est en voie d’achèvement. Sa livraison est prévue au printemps 2027. Entre la conception et son probable achèvement, dix-neuf années se sont écoulées, jalonnées de rebondissements politiques mais aussi judiciaires. En 2008, le maire de Paris d’alors, Bertrand Delanoë, dévoile les contours de ce «triangle futuriste». Conçu de concert avec Unibail, il doit renforcer les capacités d’accueil du parc des Expositions. Mais il permet surtout au maire un geste architectural moderne.

Soupçons de favoritisme

Paris veut sa tour pour jouer dans la cour des capitales européennes. Mais ce n’est pas si simple. Le plan local d’urbanisme (PLU) n’autorise pas les constructions de grande hauteur. Et la Tour en projet serait installée au cœur du parc des Expositions, grand lieu de manifestations et d’évènements dont l’exploitation est régie sous forme de concession.

Alors comment contourner les obstacles ? En 2013, le Conseil de Paris autorise la modification du PLU dans la zone de la Porte de Versailles. Il faut aussi régler la question du contrat de concession accordée jusqu’en 2026 à Viparis, filiale d’Unibail et de la chambre de commerce. 2026 c’est un peu court pour construire une Tour et la rentabiliser. La Ville résilie donc de manière anticipée le contrat pour mettre au point un nouvel appel d’offres, sous forme de bail emphytéotique (d'une durée maximum de 99 ans, ndlr) de 50 ans. Et, soucieuse de ne pas léser la société pour laquelle cette résiliation est organisée, elle décide aussi de son dédommagement à hauteur de 263 millions d’euros.

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