
Tout-terrain
Salomon vient de lancer la chaussure de course Aero Glide 4 GRVL (pour gravel, gravier en anglais). Un nom un peu barbare pour évoquer une nouvelle génération de baskets polyvalentes, conçues pour courir sur toutes les surfaces, du bitume urbain aux sentiers escarpés de forêt ou de campagne. C'est la première incursion de Salomon dans l’univers du running.
Bijou d’ingénierie
L'idée de la gamme GRVL, fruit de deux ans de développement, est née suite au regain d'intérêt des Français pour l'activité physique, observé post-Covid. «C’est la chaussure la plus rapide qu’on ait réalisée : on a mis au point une mousse spécifique, avec amorti et rebond supérieur, et on s’est inspiré des pneus des vélos gravel (un modèle à mi-chemin entre le vélo de route et le VTT) pour la semelle. Quand on est sur la route, on ne voit pas la différence, mais dès que l’on change de terrain, on sent la traction et l’accroche», explique Guillaume Meyzenq, PDG de Salomon France.
Un actionnariat sino-canadien
Depuis 2019, l'entreprise haut-savoyarde appartient au consortium sino-canadien Anta Sports qui a racheté le groupe finlandais Amer Sports, propriétaire des marques Salomon, Arc'teryx et Wilson. Un changement de gouvernance qui, selon Guillaume Meyzenq, a permis de passer d'une capitalisation diluée, avec peu d’actionnaires majeurs, à un actionnariat plus incarné. Conséquence, un gros travail de restructuration et une entrée à la bourse de New York en février 2024.
Made in Haute-Savoie
Malgré ses différents rachats, Salomon reste implanté à Annecy, son berceau depuis sa création en 1947 par Georges et François Salomon, où travaillent 900 de ses 2 000 salariés dans le monde. Porté par une culture d’innovation et d’ingénierie française, ce site niché au cœur des montagnes confère à la marque toute sa légitimité, notamment en matière de R&D, grâce à ses laboratoires de biomécanique où est développée, entre autres, la ligne GRVL.
Priorité à la chaussure
Si, à l'origine, Salomon n’est pas une marque de chaussures, sa croissance est aujourd'hui portée par ce segment qui représente deux tiers de son chiffre d’affaires 2025, estimé à pus de 1 milliard de dollars. «Jusqu’à la fin des années 2010, Salomon s'appuyait sur deux univers forts : le sport d’hiver et l’outdoor. L’évolution des habitudes et des attentes du consommateur citadin, ainsi que l’intérêt croissant de la communauté mode nous ont conduits à investir dans la course à pied et la sneaker. Ce marché, trois à quatre fois plus important que celui du running, nous offre de grandes marges de progression.» Et quoi de plus logique pour une marque qui a fait ses débuts avec le chaussant le plus technique : la chaussure de ski !
Un succès insolent
Depuis trois ans, le leader mondial des équipements de sport d’hiver a fait le choix stratégique de tout miser sur la chaussure, son nouveau relais de croissance. «C’est notre priorité», confirme son PDG. Résultat, la marque connaît une phase d’accélération et multiplie les ouvertures de boutiques. Elle en compte aujourd'hui 500 dans le monde, dont 5 à Paris et 3 à Londres, et prévoit d'en inaugurer une dizaine cette année. Elle vient également d’ouvrir un bureau de 1 500 m2 dans la capitale.
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