C’est aujourd’hui le placement préféré des Français. Si, en nombre de contrats, le Livret A est toujours adoubé dans le pays, en euros cumulés, l’assurance vie le dépasse avec un encours qui a atteint 2 100 milliards d'euros à la fin du mois d’octobre, soit une hausse de 6,5% sur un an. Et alors que le taux du Livret A va encore baisser au 1er février, de 1,7% à 1,5%, de plus en plus de Français déplacent leur argent vers l’assurance vie. Pour preuve, ils ont mis de côté en moyenne 18% de leurs revenus l’année dernière.

En réalité, comme le précise BFM, cet encours total à la fin 2025 représentait 72% du PIB de la France. Mais ce que tout le monde ne sait pas, c’est que ce placement sert à financer l’économie française. Le souscripteur verse en effet de l’argent à un assureur qui se charge de le fructifier, et en échange, celui-ci lui verse un capital ou une rente. Les montants versés sont libres et sont effectués soit sur des fonds euros (avec capital garanti) ou sur des unités de compte (contenant des actifs risqués). Mais les Français ne savent pas toujours ce que leur contrat finance.

La santé, l’eau, l’énergie ou l’industrie pharmaceutique

Or, selon une enquête d'Audirep commandée par France Assureurs et relayée par BFM, 70% des épargnants souhaitent que leur produit finance l'économie française, la transition écologique ou des entreprises innovantes. Sur les quelque 2 100 milliards d’encours, près des deux tiers (63%) vont vers les entreprises et un quart finance les obligations souveraines. Selon France Assureurs, les plus gros bénéficiaires restent les territoires français, récupérant dix milliards d’euros pour la mobilité verte et l'accessibilité des territoires.

Mais ce n’est pas tout. D’autres pans de l’économie française profitent de l’assurance vie, à commencer par la santé : 562 millions d’euros pour l’hôpital et 8,3 milliards pour la Sécurité sociale. Cette dernière est financée par les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.) prélevés sur les intérêts et plus-values lorsque les contrats sont dénoués. Parmi les autres domaines-clés bénéficiaires, on peut citer l’énergie (9,6 milliards d’euros), la gestion de l’eau (3,2 milliards) ou l’industrie pharmaceutique (3 milliards).

Des cotisations en forte hausse

Evoquant une «véritable transformation de l’assurance vie», le directeur général de France Assureurs, Paul Esmein, souligne qu’avec ce mécanisme «on arrive à financer toutes les industries importantes pour le développement français et européen». Une sorte de financement du marché à long terme qui permet aux entreprises de rembourser plus tard avec des intérêts. Rien qu’en 2025, les cotisations liées à l’assurance vie ont atteint 192,1 milliards, soit une hausse de 17,2 milliards d’euros en un an.