C’est un gros coup de filet qui a été réalisé par la gendarmerie. Un réseau d’escrocs, démantelé les 15 et 16 septembre, est suspecté d’avoir fraudé l’Assurance maladie pour un préjudice estimé à plus de 8 millions d’euros. En tout, cinq personnes ont été interpellées entre lundi et mardi, dont deux placées sous mandat de dépôt, et mises en examen dans cette affaire, a fait savoir la gendarmerie dans un communiqué, rapporte Le Parisien. Ces dernières sont en effet suspectées d’avoir acheté plusieurs centres de santé à Paris et à Marseille - huit au total -, puis d’avoir facturé de faux actes médicaux auprès de l’Assurance maladie.

Selon les premières investigations judiciaires, le responsable de cette arnaque, qui est aussi le responsable du centre de santé, est un homme âgé d’une trentaine d’années qui dispose d’un train de vie très confortable. Ce dernier, qui se déplace en hélicoptère, vit dans un appartement cossu des beaux quartiers de la capitale et est un généreux donateur dans les galas de bienfaisance auxquels il participe.

Une importante filière de blanchiment d’argent découverte

Tout débute à l’été 2024 lorsqu’une annonce est déposée sur le site Le Bon Coin pour la vente d’un centre de santé spécialisé dans les soins dentaires situé à Maisons-Laffitte, dans les Yvelines. La cession faite, le vendeur se rend finalement compte par la suite que des actes fictifs sont facturés à son nom. En effet, après avoir fait l’acquisition du centre et «obtenu des cartes de professionnels de santé et des listings des patients», les escrocs facturaient de nombreux soins fictifs à l’Assurance maladie afin d’en obtenir le remboursement, explique la gendarmerie.

L’enquête, menée par l’Office central de lutte contre le travail illégal après avoir été saisie par la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), a par ailleurs permis de révéler l’existence d’une importante filière internationale de blanchiment d’argent. Celle-ci s’appuierait ainsi sur 280 sociétés implantées en France mais aussi à l’étranger. Pour l’heure, un million d’euros a déjà été saisi au titre des avoirs criminels, rapporte franceinfo.