Les arnaques aux faux placements représentent un véritable fléau en France. Chaque année, dans le pays, 500 millions d’euros sont détournés vers l’étranger à travers ce type d’escroquerie. Dans une enquête publiée ce mardi 18 mars, Franceinfo révèle le désarroi des victimes de ces arnaques, qui se considèrent comme doublement victimes : d’abord des escrocs, puis d’une justice qui n’agit pas. Valérie, 53 ans, originaire de la région parisienne, a perdu toutes ses économies, soit 170 000 euros, en pensant investir dans les énergies vertes en Espagne.

Cette contrôleuse de gestion s’est laissée convaincre par une publicité vue sur Internet et est tombée dans le piège bien rodé de malfaiteurs. Et depuis deux ans, la mère de famille, qui a porté plainte à l’automne 2023, mène un combat pour récupérer son argent. «J'ai eu la personne qui s'occupait de l'enquête au commissariat, pour lui ce n'était pas possible de trouver les personnes avec le peu de moyens qu'il avait», témoigne-t-elle auprès de nos confrères.

«L'Etat ne fait rien»

«Donc je fais partie de ceux que l'on met de côté. La justice ne m'a jamais aidé dans mes démarches, l'Etat ne fait rien», regrette-t-elle. «Le ressenti que j'ai eu, c'est que vraiment je n'étais pas prioritaire», confie-t-elle. «Je culpabilisais quand j'entrais dans le commissariat en me disant 'Ben j'ai gagné dans ma vie 170 000 euros, tu as déjà de la chance de les avoir gagnés, sauf que maintenant tu les as perdus' et en effet j'ai tout perdu», poursuit-elle.

D’autres victimes n’ont, elles, plus aucun espoir de revoir leur argent. Les policiers «ont pris le dossier, ils l'ont mis dans un coin. Ma plainte a été classée sans suite, qu'est-ce que voulez que je fasse maintenant ? Il n'y a rien à faire. C'est foutu et j'en ai pour 100 000 euros», déplore Patrick, un retraité.

Une autre victime ayant perdu l’intégralité de son héritage, soit 750 000 euros, dénonce, quant à elle, «toutes les portes fermées» alors que sa vie «a complètement basculé du jour au lendemain» et que tous ses projets «ont été anéantis». Aujourd’hui, dans ces affaires d’arnaques aux faux placements, une très grande majorité des plaintes sont classées sans suite en raison de la complexité des enquêtes.