
Son rêve est parti en fumée. Adam (prénom modifié) s’est confié à nos confrères du Parisien après avoir été victime de deux arnaques aux faux placements financiers qui lui ont fait perdre 120 000 euros. À 58 ans, il a toujours envisagé sa retraite en Amérique du Sud. Fraîchement divorcé, il a décidé d’investir ces 120.000 euros mis de côté pour pouvoir réaliser ce rêve. Il raconte être tombé sur une publicité d’un site de placement Traton Finn. Un site qui avait l’air «très sérieux» et en qui il a fait confiance. Après plusieurs appels avec un «trader», il place de petites sommes, autour de 250 euros.
Mais il s’agissait d’une arnaque. «Le trader m’appelait quasiment tous les deux jours en me demandant d’augmenter ma mise», raconte Adam. Des placements qui montent même à 15 000 euros à la sortie d'un nouveau téléphone Apple. Voyant sa mise augmenter à 99 000 euros pour 58 000 euros investis, Adam en veut toujours plus. Mais lorsqu’il n’a pas pu investir la somme de 150 000 euros demandée par son contact, «le trader l’a très mal pris, me disant que je n’étais pas à la hauteur, que je n’avais aucune ambition, que je ne pourrai jamais acheter ma maison…»
Une autre arnaque avec un faux site
«Quand j’ai voulu tout arrêter et rapatrier mon argent, ils m’ont demandé une photocopie de ma carte d’identité et le code de sécurité de ma carte bancaire, pour accélérer le versement, poursuit Adam. C’est à ce moment-là que j’ai compris que c’était une arnaque et que je ne reverrais pas mon argent», poursuit Adam. Mais entre-temps, il était tombé sur un autre site très sérieux : Indosuez. Celui-ci existe bien, mais il s’agissait en fait d’un site-miroir, une copie parfaite du vrai. La seule différence était l’adresse url : indosuez.fr pour l’original, et indosuez-ca.fr pour l’autre. Un détail auquel Adam n’a malheureusement pas prêté attention.
Il y a investi plusieurs milliers d’euros en parlant avec des personnes se faisant passer pour les véritables salariés d’Indosuez au téléphone et même en face à face. Mais en août 2025, son dernier versement n’apparaît pas sur son compte et son contact habituel ne répond plus. Il appelle alors le véritable siège d’Indosuez, qui n’a donc jamais entendu parler de lui. En retournant sur le site, il voit que celui-ci n’existe plus et comprend qu’il s’est fait arnaquer pour la seconde fois. Adam a embauché un avocat pour tenter de récupérer les sommes perdues, ou du moins une partie. Il confie avoir du mal à faire confiance quand il doit faire un virement sur internet et se dit «parano». L’homme alerte enfin sur les dangers liés à de telles pratiques : «Je remonte la pente peu à peu, mais je pense à des personnes fragiles qui peuvent se suicider après avoir perdu les économies d’une vie.»


















