En sept ans, les mutuelles ont vu leurs tarifs augmenter de 40%, dénonçait l’UFC-Que Choisir fin janvier. L’année dernière, les tarifs ont bondi une nouvelle fois de 10% et une hausse similaire est attendue en 2025. Et cela ne semble pas prêt de s’arrêter. Dans le cadre du budget 2025, la ministre du Travail, Catherine Vautrin, a évoqué le fait que le gouvernement demande une contribution exceptionnelle d’environ un milliard d’euros aux mutuelles. «Les mutuelles ont déjà augmenté et l’État leur demande la restitution de cette somme», mettait-elle en avant.

Elle ajoutait : «Est-ce qu’on peut laisser les mutuelles augmenter d’une somme qui n’a pas à être compensée puisque nous ne déremboursons strictement rien ?», alors que François Bayrou a annoncé l’annulation des transferts de charges sur les médicaments et les consultations. Très rapidement, comme le rappelle MoneyVox, le président de la Mutualité, Eric Chenut, avait répondu «qu’il n’y a pas d'argent à rendre et s'il y en avait, ce serait aux adhérents, certainement pas à l'Etat», en spécifiant que les tarifs 2025 avaient été calculés en amont de ces annonces.

Une hausse de dix euros pour un contrat classique ?

Pour autant, le gouvernement souhaite maintenir cette contribution qui pourrait passer par une hausse de la Taxe de solidarité additionnelle (TSA). Réagissant auprès de l’Argus de l’assurance, un assureur précise que les assurés vont subir les conséquences de l’augmentation de la contribution exceptionnelle votée après la pandémie de Covid-19.

Nos confrères de MoneyVox ont fait les calculs. Pour un contrat responsable d’une personne de 45 ans avec une protection faible, le prix moyen est de 47 euros, avec une TSA à 13,27%. En cas de hausse de cette TSA, qui prendrait deux points, la part annuelle de cette taxe grimperait de dix euros par an, passant de 76 euros à 86 euros. Une perte significative pour les foyers modestes, souvent mal couverts.

En janvier, Eric Chenut déclarait qu’une telle hausse de la fiscalité «impacterait mécaniquement le pouvoir d’achat des Français et serait antinomique avec l’idée d’une construction pluriannuelle associant les acteurs». De son côté, Catherine Vautrin assurait qu’elle serait «extrêmement vigilante» face à toute répercussion sur les assurés.