
Après la brigade VTT ou la cynophile, Bordeaux se dote d’un nouveau service : une toute nouvelle brigade entièrement dédiée à la propreté et à la lutte contre les incivilités dans les rues, a repéré Le Parisien. La Bai (brigade anti-incivilités) a été présentée ce mardi 18 février, mais est en action (effectif complet) déjà depuis le début de l’année. Comme l’explique la mairie, elle intervient 7 jours sur 7, y compris en soirée, et patrouille dans la ville. Elle répond également à des signalements dans l'ensemble du territoire de la commune «afin de sensibiliser les habitants aux comportements inciviques, voire de sanctionner les auteurs».
Ainsi, dans la cité girondine, désormais, tout auteur de dépôt sauvage risque une amende de 135 euros. Elle peut grimper à 875 euros s’il s’agit d’un commerce ou d’une entreprise et même jusqu’à 1 500 euros si un véhicule a été utilisé ! Dans les rues, les agents scrutent tout dépôt sauvage, comme les poubelles sur les trottoirs et cherchent des traces pouvant mener à l’identité de son auteur. Interrogé par Le Parisien, le directeur de la police municipale, Samuel Dechoux, assure que le but n’est pas «de faire pleuvoir les PV», mais avant tout de «faire de la prévention». Pourtant, à peine mise en œuvre, déjà 80 PV ont été dressés.
Hausse de la délinquance et flambée des incivilités en 2024
Car la mairie compte bien faire de cette lutte un élément clé pour le retour au civisme : «Les incivilités du quotidien nuisent à notre qualité de vie et renforcent le sentiment d'insécurité. Votre rôle sera d'expliquer et de faire prendre conscience que chacun a un rôle à jouer dans le respect de l'espace public», a lancé le maire Pierre Hurmic à sa nouvelle brigade le 18 février. Car au-delà des dépôts sauvages, le rôle de la Bai sera plus large.
Il concerne plus globalement la malpropreté urbaine, avec les jets de mégots et chewing-gum, les poubelles non rentrées, les déjections canines ou encore les affichages sauvages. Mais la Bai veille également à lutter contre les nuisances sonores, la maltraitance animale et l’activité commerciale sur l'espace public (marchés, terrasses…). Rien qu’entre 2020 et 2023, la délinquance a grimpé de 9,86% à Bordeaux, avant une précédente hausse encore plus significative de plus de 24% entre 2016 et 2019.
Interrogée par nos confrères, une fleuriste se félicite du dispositif et estime que l’amende «va peut-être réveiller un peu la civilité». Rien qu’en 2024, les incivilités ont grimpé de plus de 100%, alerte la municipalité. Pour le moment, la prévention est de mise, mais si les auteurs sont pris en flagrant délit, ils sont verbalisés. Cette lutte s’articule autour des agents de la propreté de Bordeaux Métropole, du Centre incivilités déchets, des maires de quartier et de l’ensemble des moyens de la Police municipale.



















