Près d’un quart des Français interrogés (24%) déclarent être à découvert sur leur compte courant tous les mois ou presque, selon une étude menée par le comparateur Lesfurets.com en partenariat avec CSA Research, sur un échantillon de 1007 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Et ce, dès le 18 du mois, une date moyenne qui - bonne nouvelle ! - recule légèrement dans le calendrier par rapport à l'an passé, avec deux jours de gagnés (c'était le 16 du mois en 2025).

Un effet d’âge

Plus les personnes concernées sont jeunes, plus le chiffre augmente : ils sont 42% chez les 25-34 ans, soit une augmentation de 7 points en un an ! Même tendance mais plus faible pour les plus jeunes avec 31 % de concernés parmi les 18-24 ans (+2 points par rapport à 2025). «Il y a un effet d’âge important, assure Julie Gaillot, directrice du pôle society à l’institut CSA. Les 18-24 ans déclarent même être à découvert dès le 14ème jour du mois en moyenne alors que l’année dernière ils parlaient du 18eme jour. Ce jour arrive beaucoup plus rapidement, c’est une situation très préoccupante». A titre de comparaison, les 65 ans et plus passent dans le rouge au 20ème jour du mois.

Du côté des locataires, 34% se déclarent dans le négatif tous les mois ou presque, contre 20 % chez les propriétaires. Pour les parents d’au moins un enfant de moins de 15 ans, le chiffre de 36 % a augmenté de deux points par rapport à 2025 : «Si les familles sont plus à découvert que le reste des Français, c’est probablement parce qu’elles font face à des dépenses plus importantes et l’utilisent comme un outil de gestion de leur budget», analyse-t-elle.

Deux jours de gagnés

Ces deux jours en moins sont une bonne nouvelle dans une situation qui reste globalement inquiétante : «On voit finalement que le ratio revenus/dépenses permet de tenir un ou deux jours supplémentaires, indique Julie Gaillot. On peut s’en réjouir mais la situation demeure extrêmement préoccupante. Au 18 du mois, il reste encore entre 10 et 12 jours à tenir».

Et si les Français s’étaient adaptés à la crise économique ? «Ils ont pris l’habitude de faire avec moins et de gérer leurs dépenses au plus près, confirme-t-elle. D’après d’autres études que nous avons réalisées, les Français disent avoir un peu moins ressenti les effets de l’inflation durant l’année 2025, notamment sur les prix de l’alimentation et de l’énergie grâce à une très légère détente au niveau du pouvoir d’achat. Disons que c’est moins pire qu’avant».