Érigée en priorité du gouvernement Barnier, la réduction du déficit public passera, en plus d’une augmentation des impôts, par une hausse des taxes. Selon Le Parisien, le gouvernement songe à relever considérablement le niveau de la taxe sur la consommation d’électricité. La taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) devait être relevée à 32 euros par mégawattheureau 1er février 2025, soit son niveau d’avant la crise énergétique. L’exécutif pourrait cependant être tenté d’alourdir un peu plus encore cette fiscalité pour assainir les finances publiques.

Apres l’avoir abaissé à 1 euro par mégawattheure au plus fort de la crise énergétique, l’ancien ministre de l'économie, Bruno Le Maire, avait annoncé que son niveau serait relevé en deux étapes pour retrouver celui d'avant 2022 : 22 euros au 1er février 2024 et 32 euros au 1er février 2025. La TICFE pourrait finalement être majorée à 37 euros. «La hausse au-delà du seuil de 32 euros est effectivement l'étude», confirme Bercy à Capital.

Sachant qu’un ménage consomme en moyenne 4,2 mégawattheures d’électricité par an, un simple retour à la normalité fiscale à 32 euros engendrerait pour un surcoût de 42 euros par an, «un euro de hausse par mégawattheure alourdissant la facture d’électricité de 4,2 euros», explique Maxime de La Raudière, directeur général du comparateur Selectra. Et si jamais le seuil de 37 euros était atteint, les dépenses des ménages augmenteraient de 22,5 euros supplémentaires. Et l’Etat encaisserait la bagatelle de 5 milliards d’euros pour combler le déficit public.

Des contrats à prix bloqués plus chers

Heureusement, les ménages peuvent compter sur la baisse des prix boursiers de l’électricité, qui pèsent pour environ la moitié des tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité commercialisés par EDF, pour largement contrebalancer ce choc fiscal. Confiant, Bruno Le Maire a ainsi prophétisé en 2024 une baisse des factures des TRV de «10 à 15%» à cette échéance. Promesse déjà caduque si jamais Bercy parvenait à faire voter son plan dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025. Le gouvernement prévoit ainsi que la facture de 80% des Français baisse de 9% au 1er février prochain, «soit une économie de 110 euros par année», explique-t-on à Bercy. Environ quatre français sur cinq détiennent en effet un contrat aux TRV d’EDF ou un contrat dont les prix sont indexés sur ce TRV.

Pour les 20% restants, en revanche, cette compensation n’aura pas lieu, et en particulier pour les ménages ayant souscrit un contrat à prix fixe. Comme son nom l’indique, ce type de contrat assure aux ménages une stabilité des prix. Dans un contexte de hausse, il ne subit pas d’augmentation de ses tarifs, mais en cas de baisse, sa facture ne diminue pas. C’est bien ce second cas de figure qui va se produire au 1er février. Et en parallèle, ces ménages devront subir la hausse importante de la taxe sur la consommation d’électricité. «Ce sont en effet les ménages perdants, confirme Maxime de la Raudière. Mais ils sont aussi titulaires des contrats les plus compétitifs du marché, avec des prix inférieurs de 25% au tarif réglementé de vente. Une hausse sensible de la TICFE leur permettrait tout de même de continuer à économiser plus de 20% en comparaison des TRV». Selon la Commission de régulation de l'énergie, les offres à prix fixe constituent presque la moitié (48%) des offres d’électricité commercialisées par les fournisseurs au 2ème trimestre 2024.

Certains fournisseurs pourraient également décider de faire un geste pour leurs clients, et absorber une partie de la hausse de la fiscalité. «Nous avons décidé de prendre en charge pendant 6 mois la moitié de la hausse de la TICFE intervenue au 1er février 2024. Nous envisageons de faire la même chose au 1er février 2025», explique Lancelot d’Hauthuille, cofondateur d'Octopus Energy (ex-Plum Energy), fournisseur affichant 300 000 clients.