Combien payez-vous de frais ? La facture dépend bien entendu du nombre de produits et services que vous utilisez. Pour en avoir le cœur net, Capital a demandé au comparateur de tarifs bancaires Panorabanques de calculer le coût total annuel pour sept profils de consommateurs dans 97 établissements, à la fois des réseaux historiques et des banques en ligne. Ils déboursent en moyenne entre 54,20 euros pour le profil jeune et 435,10 euros pour le chef d’entreprise. Point commun, la facture monte pour tous les profils. Plus précisément, les tarifs des banques ont augmenté de 1,5% en 2026 d’après le Panorabanques. Un chiffre modéré mais largement supérieur à l’inflation (1% en 2025).

Les banques en ligne BoursoBank et Fortuneo monopolisent les premières places de notre palmarès grâce à des tarifs très serrés puisque la carte bancaire est gratuite, à condition de l’utiliser régulièrement. Ailleurs, la facture grimpe à plusieurs centaines d’euros, en particulier pour les profils souvent à découvert. « Dans les réseaux mutualistes, comme le Crédit Agricole, la Caisse d’Épargne, la Banque populaire et le Crédit Mutuel, chaque caisse régionale fixe ses tarifs de façon autonome. Nous observons donc de grandes disparités au sein d’un même réseau avec parfois un écart pouvant aller jusqu'à plus de 100 euros pour un même profil entre deux caisses régionales » souligne Anna Meylacq, la porte-parole de Panorabanques.

Pas de frais de tenue de compte chez les banques en ligne

Certaines lignes de frais sont en forte augmentation depuis plusieurs années. A l’exception des banques en ligne (BoursoBank, Fortuneo, Hello Bank!…) et de quelques réseaux (Crédit Agricole Normandie Seine, Crédit Coopératif, LCL…), l’immense majorité des établissements facturent désormais des frais de tenue de compte. Ils s’élèvent à 23,40 euros par an en moyenne en 2026, en hausse de 5,90 % sur un an. « Ces frais sont systématiquement inclus dans les packages, ces offres de produits et services groupés choisis par de nombreux clients. C’est une façon, pour les banques, d’inciter les consommateurs à opter pour un package plutôt que de souscrire des produits à la carte » explique Anna Meylacq. Tous les clients n’y ont pourtant pas intérêt, en particulier lorsque leur usage se limite à une carte bancaire.

Retirer des espèces au distributeur automatique de billets (DAB) coûte aussi de plus en plus cher. Lorsque vous réalisez un retrait dans un DAB aux couleurs d’une autre banque que la vôtre -on parle alors de retrait « déplacé » -, l’opération est souvent payante. Avec une carte classique, les banques proposent deux à trois retraits déplacés gratuits par mois, puis facturent l’opération autour de 1 euro. « Il y a cinq ans, les clients bénéficiaient de quatre à cinq retraits déplacés gratuits, les banques réduisent régulièrement cette offre » constate Anna Meylacq. Une évolution au détriment du consommateur. L’addition grimpe vite si vous effectuez de nombreux retraits déplacés : Panorabanques évalue à 17,70 euros le coût moyen annuel pour un client réalisant quatre retraits déplacés par mois avec sa carte bancaire classique en 2026, contre 12,75 euros en 2023.

Des retraits déplacés qui coûtent de plus en plus cher

Pour réduire la note, il faut faire l’effort de faire un détour par un DAB aux couleurs de votre banque. A noter, BNP Paribas, Crédit Mutuel, CIC et SG ont mis en commun leurs distributeurs depuis 2025 sous une nouvelle marque, Cash Services. Lorsqu’un client de l’un de ces réseaux réalise un retrait dans un automate Cash Services, l’opération n’est pas considérée comme un retrait déplacé, même si l’automate est installé dans une agence d’un autre réseau partenaire. « Cela signifie qu’il n’y a pas de frais de retraits déplacés pour les clients des réseaux concernés utilisant un automate Cash Services » précise Olivier Fournier, le président de 2SF, la société commune aux banques. « Nous aurons installé 6 000 sites dans le courant de l’année 2026 » poursuit-il.

Pour alléger encore plus votre facture bancaire, il faut surveiller vos frais de découvert. « Il faut penser à demander un découvert autorisé car les frais associés sont souvent moins élevés qu’en cas de découvert non autorisé » rappelle Anna Meylacq. En cas d’autorisation de découvert, vous réglez des agios et éventuellement des frais de mise en place. En son absence (ou au-delà du montant de votre découvert autorisé), s’y ajoutent des frais d’incidents comme des commissions d’intervention (8 euros dans la plupart des cas) et l’envoi d’une « lettre d’information pour compte débiteur non autorisé » (9,90 euros en moyenne).

Des minimum forfaitaires d'agios

Les banques en ligne sont sensiblement moins chères puisque la plupart d’entre elles ne facturent pas de commission d’intervention ni de lettre d’information pour compte débiteur non autorisé. De plus, leurs agios sont généralement compris entre 7 % et 8% en cas de découvert autorisé, contre 15 % à 20 % dans les réseaux historiques. Par ailleurs, près de la moitié des réseaux bancaires facturent des minimum forfaitaires d’agios, qui viennent renchérir très sensiblement la note. Concrètement, ils appliquent un forfait trimestriel, pouvant aller jusqu’à 10 euros, lorsque les agios du client sont inférieurs à ce montant. Une politique dans le viseur de l’UFC-Que Choisir : « Dans la pratique, cela signifie que le client règle plusieurs euros au lieu de quelques centimes, c’est totalement inique ! Mais cette ligne de frais est amenée à disparaitre dans quelques mois » explique Juliette Woods, chargée de mission banque et assurance à l’UFC-Que Choisir.

A partir du 20 novembre, les découverts de moins de 200 euros et de moins d’un mois entreront dans le champ de la directive européenne sur le crédit à la consommation, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors. « Les petits découverts seront désormais soumis au taux de l’usure, et les banques ne pourront donc plus appliquer ces minimums forfaitaires d’agios » poursuit Juliette Woods.

Les meilleures banques en 2026, selon votre profil

Vous pouvez consulter le classement complet des banques les moins chères pour sept profils ci-dessous. Dans chaque classement, vous retrouverez l’intégralité des services offerts et les tarifs pratiqués par les 97 établissements étudiés :

- Notre classement complet pour les jeunes

- Notre classement complet pour les employés

- Notre classement complet pour les cadres

- Notre classement complet pour les cadres supérieurs

- Notre classement complet pour les commerçants

- Notre classement complet pour les chefs d’entreprise

- Notre classement complet pour les retraités