
Entrée en vigueur au 1er janvier 2019, le prélèvement à la source est prélevé automatiquement chaque mois sur votre salaire, votre retraite ou vos revenus d'activité mais calculé par l'administration fiscale sur la base de vos revenus déclarés l'année précédente. Autrement dit, il reflète votre situation fiscale passée, et pas forcément votre situation actuelle si votre situation a changé entre-temps : augmentation ou baisse de revenus, mariage, divorce ou séparation, naissance d’un enfant ou un enfant qui quitte le foyer fiscal…
Le taux de prélèvement se met à jour une fois par an, en août, le nouveau taux prenant effet à partir de septembre. Tous ces événements font varier le montant de votre impôt. Sans ajustement, vous risquez de payer trop — ou pas assez — et d'avoir une mauvaise surprise lors de la régularisation l'année suivante. « Par exemple, vous venez d'avoir des jumeaux, explique Ludovic Ploton, secrétaire national de Solidaires Finances Publiques. À revenus constants, votre impôt va mécaniquement baisser l'année suivante grâce aux nouvelles parts fiscales ».
Taux inadapté : que faire ?
Si vous ne faites rien, vous continuez à payer sur la base de votre ancienne situation et serez remboursé du trop-perçu l’année d’après. « Rien de dramatique mais mieux vaut anticiper et garder cette trésorerie disponible maintenant en faisant le changement ».
L’administration fiscale autorise les écarts de plus de 5 % par rapport à votre taux actuel. Au contraire, si vous avez décroché une promotion en cours d'année, votre taux actuel risque d'être sous-évalué.
Attention au rattrapage
Vous paierez moins d'impôts que vous n'en devez réellement, et le rattrapage peut être douloureux. « Dans ces cas-là, moduler son taux à la hausse ou à la baisse est non seulement possible, mais conseillé », rappelle-t-il. Comment faire ? Simplement en allant sur le site impots.gouv.fr, rubrique "Gérer mon prélèvement à la source".
Pratique, le site propose une simulation de votre nouvelle situation et vous suggère un taux ajusté. Si vous validez, le nouveau taux s'applique dans les deux mois, « au plus tard le 3e mois qui suit votre demande » comme le précise le site.
L'obligation du prélèvement à la source
« Certains contribuables pourraient être tentés de baisser artificiellement leur taux pour payer moins chaque mois et disposer d'un peu de cash supplémentaire, prévient Ludovic Ploton. C'est une très mauvaise idée — et pas seulement pour des raisons morales ».
Contrairement à l'ancien système de mensualisation, où le contribuable choisissait librement d'étaler ses paiements, le prélèvement à la source est une obligation légale. D’autant plus que le solde sera réclamé lors de la régularisation annuelle, avec potentiellement des pénalités à la clé.



















