Ne serait-ce pas le bon moment pour encaisser ses gains ? C'est la question que doivent se poser de nombreux détenteurs d'or, à la vue des records que ne cesse de battre le plus précieux des métaux cette année. Après avoir touché le niveau historique de 2 200 dollars l'once - l'équivalent de 31 grammes - le 17 juillet dernier, le cours de l'or a atteint un nouveau sommet le 20 août dernier, en passant la barre des 2 500 dollars l'once. Pour un investisseur qui aurait acheté une once d'or le 1er janvier dernier à 2 060 dollars, cela représente une plus-value potentielle de 22%.

Et pour les investisseurs historiques, la tentation de vendre maintenant que l'or est au plus haut est encore plus grande. Les détenteurs de métal jaune depuis janvier 2014 peuvent par exemple réaliser actuellement une plus-value de 108%. Le retour sur investissement grimpe même à 525% pour ceux qui ont investi il y a 20 ans ! Attention toutefois, car ces promesses de bénéfices alléchants ne prennent pas en compte la fiscalité de l'or à la revente, et ses règles particulières qu'il faut bien avoir en tête.

Le choix entre taxe forfaitaire et taxe dégressive sur les plus-values

En règle générale, l'or acheté à des fins d'investissement entre dans la catégorie des «métaux précieux», dans laquelle on retrouve les lingots, les lingotins et les pièces émises après 1800 et n'ayant plus de cours légal - impossible d'acheter quoi que ce soit avec -, à l'instar des Napoléon en France. A la revente de ces métaux précieux, c'est en principe une taxe forfaitaire de 11,5% qui s'applique sur le montant de la transaction : vous revendez un lingot ou une pièce qui vaut 1 000 euros, vous devrez vous acquitter de 115 euros d'impôt.

Mais une fiscalité alternative existe, à condition que vous puissiez prouver la date à laquelle vous avez acheté votre métal précieux, et sa valeur d'alors. Facile pour les lingots : ils sont numérotés, il suffit donc que le même nombre apparaisse sur votre facture et ledit lingot. C'est plus difficile pour les pièces, qui ne sont, elles, pas toujours numérotées, raison pour laquelle elles peuvent être vendues scellées à leur facture. Avec votre preuve d'achat en main, vous pourrez opter pour une autre fiscalité, de 36,2%.

La fiscalité dégressive est-elle toujours plus intéressante ?

Une imposition bien plus lourde qu'avec la taxe forfaitaire de 11,5% nous direz-vous, sauf que cette seconde option ne s'applique que sur les plus-values. Autrement dit, si le cours de votre or est passé de 500 à 1 000 euros depuis votre achat, vous ne payerez pas d'impôt sur 1 000 euros à la revente, mais uniquement sur les 500 euros de plus-value ! Autre avantage, cette taxe est dégressive dans le temps : à partir de 3 ans de détention de votre or, elle baisse chaque année de 5%, pour arriver à 0 au bout de 22 ans !

Le choix entre ces deux «formules» va donc grandement dépendre du nombre d'années qui vous sépare de votre investissement. «Typiquement, pour ceux qui ont investi l'an dernier et souhaitent revendre cette année, la taxe forfaitaire peut être plus intéressante», explique Jean-François Faure, président-fondateur du groupe AuCoffre. «A l'inverse, plus vous attendez, moins il y a de chances que la taxe forfaitaire soit pertinente, car la fiscalité sur les plus-values est dégressive».

Une imposition différente pour revendre bijoux et jetons

Mais qu'en est-il des particuliers qui souhaiteraient profiter du boom de la relique barbare pour revendre non pas de l'or d'investissement, mais par exemple des bijoux ? Dans ce cas, une autre fiscalité s'applique, qui vaut d'ailleurs également pour certaines pièces qui entrent dans la catégorie des «jetons», car, n'étant pas émises par des Etats, elles n'ont pas de valeur faciale, ni de cours légal. «C'est le cas par exemple des pièces Vera Valor, ou de certains Napoléon», explique Jean-François Faure.

Dans ce cas de figure, vous n'êtes fiscalisé qu'à partir de 5 000 euros à la revente, et ce, tous les 30 jours. Autrement dit, vous pouvez vendre entre 0 et 5 000 euros de bijoux et jetons sans aucune imposition. Si vous souhaitez reconduire l'opération, il faudra attendre 30 jours pour bénéficier de nouveau de cette exonération. Et si le montant de la transaction dépasse les 5 000 euros, c'est une taxe forfaitaire de 6,5% qui s'applique. Mais vous avez aussi la possibilité d'opter pour la fiscalité dégressive sur les plus-values, et son taux de départ de 36,2%.