
La trésorerie de l’Eglise est en manque de ressources. La Conférence des évêques (CEF) a lancé une campagne de pub pour le denier, don annuel des particuliers dédié aux salaires de l’Eglise, dont ceux des 10 000 prêtres. En effet, le nombre de donateurs est en baisse constante, de 2 % cette année, affirme Sylvain Guillebaud, secrétaire général adjoint de la CEF en charge du pôle ressources, auprès du Parisien. En 2023, il s’était réduit de 3,5 %, et même de 6,2 % en 2022. Une tendance inquiétante puisqu’en vertu de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, ce dernier ne finance pas les cultes en France.
«Le denier, c’est ce qui paye mon salaire, ainsi que celui de 150 personnes qui travaillent dans le diocèse», explique le prêtre Xavier Marcory. Pourtant, ces derniers ne roulent pas sur l’or puisque leur paie oscille autour de 1 200 euros nets par mois. Cette baisse de donateurs s’explique avant tout par l’âge de ces derniers. «La moyenne d’âge dans mon diocèse est de 76 ans. En clair, ceux qui nous financent meurent», avoue le curé.
L’Eglise dispose d’un patrimoine immobilier d’une valeur de 6,5 milliards d’euros
Si la quête du dimanche pouvait permettre d’obtenir une manne financière supplémentaire, «cela représente 150 euros par dimanche dans une église comme la mienne», assure le père Xavier, qui déplore se faire parfois «piller les troncs». Le religieux est donc contraint de faire «des efforts de gestion à tous les niveaux», notamment sur les hosties annuelles, les cierges ou le vin de messe. «On réussit à avoir la ramette de papier à 4 euros l’unité, au lieu de 6 euros», se réjouit-il.
Toutefois, l’Eglise peut encore compter sur le «casuel», à savoir les dons ponctuels aux curés par les familles après un enterrement ou un mariage, ainsi que sur les legs, ce qui représente 825 millions d’euros de dons en 2024. Elle dispose aussi d’un patrimoine immobilier d’une valeur de 6,5 milliards d’euros en France. La revente d’une partie de ce dernier a permis d’alimenter une caisse dédiée aux victimes d’abus dans l’Eglise. «L’institution ne peut pas mélanger tous ses budgets, ceux qui servent à payer les prêtres et les autres», nuance un connaisseur des finances catholiques, auprès de nos confères.


















