Après avoir battu record sur record depuis quelques mois, le cours de l’or est désormais repassé en dessous du seuil des 5000 dollars l'once (environ 30 g) et des craintes se font jour après l'éclatement de la «bulle argent». Ce 30 janvier, le métal a perdu en une journée 34% de sa valeur, sa plus forte chute journalière jamais enregistrée. Face à ces mouvements, l'idée de revendre une chaîne en or abîmée, quelques Napoléon hérités ou des pièces de 50 francs en argent qui dorment au fond d'un tiroir devient tentante.

Mais avant de pousser la porte d’une bijouterie ou d’une boutique spécialisée, mieux vaut regarder de près la fiscalité. La vente de métaux précieux obéit à des règles spécifiques, variables selon la nature du bien, le montant de la vente ou l’existence de justificatifs.

La taxe forfaitaire, le régime par défaut

Pour les pièces et lingots considérés comme de l’or ou de l’argent «d’investissement», et si vous êtes incapable de prouver quand et à quel prix vous les avez acquis, le régime par défaut est la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TFMP) au taux de 11,5% du prix de vente, CRDS incluse. Point important : cette taxe porte sur le montant total encaissé, non sur la plus-value.

Prenons un exemple concret : vous vendez 10 pièces de 50 francs en argent à 70 euros l’unité, soit 700 euros au total. Sans document d’origine, la taxe forfaitaire s’élève à 80,50 euros (11,5% de 700 euros). Vous repartez avec 619,5 euros net.

Pour les bijoux, le cadre est plus souple. D’abord, tant que le montant de la vente ne dépasse pas 5 000 euros, aucune taxe n’est due. Vous cédez une alliance, une chaîne en or et une boucle d'oreille dépareillée pour 1 000 euros ? La transaction est totalement exonérée d'impôt.

En revanche, au-delà de 5 000 euros, une taxe forfaitaire de 6,5% s’applique sur la totalité du prix. Une transaction de 6 000 euros génère ainsi un prélèvement de 390 euros. À noter : c'est le professionnel qui rachète vos biens (bijoutier, négociant spécialisé) qui collecte directement cette taxe. Vous n’avez aucune démarche particulière à effectuer.

L'option de la plus-value réelle : 37,6 % depuis 2026

Tout change si vous disposez d’une facture ou d’un document prouvant l’origine de vos pièces ou bijoux. Vous pouvez ici choisir le régime de la plus-value réelle. Le fisc ne s’intéresse alors plus au prix total de vente, mais uniquement au gain. Depuis le 1er janvier 2026, cette plus-value est imposée à 37,6 % (au lieu de 36,2%), en raison de la hausse de la CSG votée dans le budget de la Sécurité sociale 2026.

Des allégements existent toutefois. Si vous pouvez prouver une détention de plus de 22 ans (contrat d’assurance, facture de restauration, expertise, etc.), vous êtes totalement exonéré d’impôt. Entre 3 et 22 ans de détention, un abattement de 5% par an s’applique à partir de la troisième année.

Illustrations. Vous revendez aujourd’hui une chaîne en or pour 1 000 euros. La vente de ce bijou étant inférieure à 5 000 euros, vous ne payez rien.

Si vous revendez une pièce comme un Napoléon hérité il y a dix ans, valant alors 200 euros, pour 800 euros aujourd’hui, mais sans aucun justificatif, la taxe forfaitaire s’impose : 92 euros (11,5% de 800 euros).

Cependant, si vous avez acheté ce même Napoléon 200 euros il y a dix ans et conservé la facture, vous pouvez choisir le régime de la plus-value. Le gain est de 600 euros, ramené à 360 euros avec l’abattement de 40% lié à la durée de détention. L’impôt s’élève alors à 135 euros (37,6% de 360 euros). Dans ce cas précis, la taxe forfaitaire s’avère paradoxalement plus avantageuse.