
Mi-mars, l’once d’or (31,1 grammes) dépassait pour la première fois la barre des 3 000 dollars, un record historique. Depuis, Donald Trump a précisé sa pensée économique, en instaurant des droits de douane prohibitifs, ce qui a provoqué un choc sur les marchés financiers et boursiers. Comme souvent dans cette situation, le précieux métal a repris l’avantage, rappelant son rôle stabilisateur de valeur refuge. Fin avril, l’once s’échangeait à plus de… 3 300 dollars ! «L’or est un actif universel, au contraire du dollar, note Eric Gérard, gérant associé du groupe de gestion privée Optigestion. S’il peut connaître des phases de volatilité, il rebondit dès que la peur ou l’incertitude s’installe, et retrouve son caractère de valeur refuge.» La peur et l’incertitude étaient en effet à leur comble en avril !
Et maintenant ? S’il est recyclable à l’infini, tout l’or du monde ne représente que «l’équivalent de quatre piscines olympiques. Il en resterait une à extraire, prévient Guillaume Law-Yee, analyste financier chez Optigestion. Une offre limitée face à une demande soutenue est bien sûr favorable.» Ce qui plaide pour une poursuite de la hausse. Même constat de la part d'Arnaud du Plessis, gérant de fonds chez CPR Asset Management : «L’observation statistique des cycles depuis 2000 laisse supposer un top potentiel de marché fin 2026-début 2027.»
Plusieurs grandes banques d’investissement dont UBS, J.P. Morgan et Goldman Sachs anticipent également une poursuite de la tendance haussière. «Goldman Sachs, par exemple, a revu sa prévision de fin d’année à 3 700 dollars l’once, citant la capacité unique de l’or à couvrir les risques de récession», écrit John Plassard, spécialiste en investissement et directeur chez Mirabaud Group. D’autres, au contraire, pensent que les tensions économiques comme géopolitiques vont se calmer et que le cours de l'or, déjà très élevé, va reculer.
Faut-il acheter de l'or ?
«L'or ne doit pas excéder 4% dans un portefeuille financier. Si vous voulez en acheter maintenant, il faut le faire par petites quantités et sur au moins deux ans. Cela vous évitera de vous faire piéger sur un plus haut marché», préconise Gabriel Karaboulad, chief investment officer adjoint au sein de la banque privée Neuflize OBC. «L’achat progressif permet de lisser le prix et de limiter les effets de la volatilité», confirme Jean-François Faure, fondateur du site spécialisé AuCoffre.
Sous quelle forme ?
Pièces (Napoléon ou Krugerrand), jetons (petits disques d'or), bijoux, lingots (de 1 à 12,5 kilogrammes), ou mini-lingots, appelés aussi lingotins (blocs de moins de 500 grammes) ? «Je déconseille les mini-lingots. A l’achat, ils sont souvent plus chers que l’or qu’ils contiennent et n’offrent pas de prime à la revente, contrairement au Napoléon. Quant aux lingots, leur valeur baisse en cas de krach boursier et ils ne sont pas sécables en cas de besoin de trésorerie», détaille le fondateur d’AuCoffre. Et ce Louis d’or de votre grand-mère ? «C’est souvent un abus de langage pour désigner un Napoléon. Le véritable Louis, dont la frappe a été arrêtée à la Révolution, est une pièce de collection, plutôt pour les numismates», rectifie Jean-François Faure. Le Napoléon de 20 francs est le plus courant en France et valait, fin avril, de 547 à 567 euros, selon les sites. «La valeur d’un Napoléon varie en fonction du cours de l’or mais aussi de la demande», explique Jean-François Faure. Et si la pièce est rayée ? «Ce n’est un problème que si elle est émoussée et donc le poids d’or, altéré.»
En boutique ou en ligne ?
Pour acheter ou vendre de l'or, vous pouvez passer par une boutique ou par Internet. A Paris, la rue Vivienne abrite de nombreux comptoirs spécialisés, où comparer les offres. En région, il y a peu de concurrence. Le prix doit être clairement affiché. Et toute vente d'or s'accompagne d'une facture ou d'un contrat, suivi d’un virement.
Vous préférez le Net ? «On peut toujours acheter de l'or sur eBay mais pour vendre, c'est plus compliqué, pointe Jean-François Faure. Et s'il n'y a pas de taxe, il y a la commission prélevée par la plateforme !» Mieux vaut privilégier des sites spécialisés comme Aucoffre.com ou Lesmetauxprecieux.com, par exemple. Certains ont aussi des boutiques (Cgb.fr ou Achat-or-et-argent.fr).
Comment se passe la vente en ligne ? «On vous envoie un kit comprenant, entre autres, un bordereau de valeur déclarée, à déposer ensuite à La Poste, qui est la seule à le manipuler et en assurer le contenu, rassure le fondateur d’AuCoffre. A réception des pièces, nous les analysons, les mettons chacune dans un étui, leur appliquons une référence unique puis les photographions, avant de les placer dans des albums numérotés. Cela coûte 2 euros par pièce.» Vous disposez alors d'un titre de propriété et d'un compte : vous pouvez en retirer la somme ou l’utiliser à l’achat.
Chaque site applique des frais. AuCoffre prélève ainsi 0,5 % sur le montant de l'achat et 3 % sur celui de la vente. Il faut également compter avec le fisc. «L’achat n'est pas soumis à la TVA. A la vente, la taxe est généralement de 11,5 % du prix, précise son fondateur. Mais si vos pièces sont conservées dans des sachets scellés et accompagnées de la facture d'achat, la fiscalité s’applique seulement sur la plus-value : 36,2% d’abord, puis un abattement de 5% chaque année qui suit l’achat (abattement de 5% à partir de la 3e année de détention ?). Après vingt-deux ans, vous bénéficiez d'une exonération totale.»
Où stocker son or ?
«Au coffre ! s’exclame Jean-François Faure. Nous le conservons dans des zones de sécurité.» Le coût ? 5 euros par mois et par 100 grammes. A comparer avec la location d’un coffre à la banque. Et chez soi ? «Cela représente toujours un risque, pointe Arnaud du Plessis. Mais si vous pensez que le monde va s’écrouler, et les banques avec, c’est ce qu’il faut faire.»
Vendre ses bijoux sans crainte
L’alliance d’un vieil oncle, la seule boucle d’oreille d’une paire, un bracelet trop petit : faites du tri ! Vous n’êtes pas sûr que vos bijoux soient en or ? Faites appel à un expert qui étudie les poinçons, passe un aimant, les gratte sur une pierre et verse des liquides révélateurs. Il peut acheter le 24 carats ou le 18 carats de moindre pureté. Il pèse le tout et vous fait une offre. La balance est derrière un comptoir vitré ? Demandez à voir l’étiquette qui prouve qu’elle a été contrôlée dans l’année et vérifiez la pesée. Pour être payé, présentez une pièce d’identité et un RIB, ou donnez votre numéro de mobile pour un virement instantané. Le cash est interdit depuis 2011, et un contrat en double exemplaire est obligatoire. Si la valeur de la vente est inférieure à 5 000 euros, vous n’aurez ni taxe ni impôt à régler.
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