Pour les investisseurs français, la pilule est difficile à avaler. Alors que le PEA est aujourd’hui l’enveloppe fiscale la plus avantageuse pour investir sur la bourse européenne (et même mondiale via des ETF), ses avantages ont été diminués par la hausse de la CSG.

En effet, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 a fait grimper la CSG de 9,2 % à 10,6 %, entraînant mécaniquement la hausse des prélèvements sociaux sur plusieurs placements. Le PEA fait partie des produits touchés : les retraits (pour un PEA de plus de cinq ans) sont maintenant fiscalisés à hauteur de 18,6 %, contrairement à l’assurance vie qui a été épargnée, conservant son taux à 17,2 % (après huit ans de détention).

Concrètement, combien cela va coûter ?

Il faut savoir que ce nouveau taux de 18,6 % lors du retrait concerne l’intégralité des plus-values, quelle que soit l’année où elles ont été générées. Ainsi, si vous retirez 1 000 € de plus-value, vous devrez payer 186 € de prélèvements sociaux, contrairement à 172 € l’année dernière. Sur un capital plus important, l’écart se creuse rapidement. Pour 20 000 € de gains, vous payerez 3 720 € au lieu de 3 440 € : 280 € de plus qu’avant !

​Prenons un exemple concret. Vous avez investi en janvier 2022 10 000 € sur l’ETF Amundi PEA MSCI Europe UCITS ETF Acc. Vous avez fait jusqu’à maintenant 41,26 % de plus-value, soit 4 126 €. ​Vous allez devoir payer 767,26 € sur ces gains, soit 57,59 € de plus qu’au taux de 17,2 % et ce, même si la grande majorité de cette plus-value a été constituée avant 2026. Un manque à gagner qui peut peser lourd dans votre stratégie de sortie.

Et pour un PEA de moins de cinq ans ? L’avantage fiscal n’étant valable qu’au bout de la cinquième année, un retrait effectué avant cette date vous fera payer plein pot : 18,6 % de cotisations sociales + 12,8 % d’impôt, soit 31,4 % de flat tax au total. De plus, une sortie avant 5 ans entraîne la clôture du PEA, ce n’est donc absolument pas conseillé.

Hausse de la CSG : faut-il adapter sa stratégie ?

Si les cotisations sociales doivent être payées quoi qu’il arrive, deux pistes se dessinent tout de même pour optimiser votre PEA. D’abord, réfléchir au timing de vos retraits. Si vous n'avez pas besoin de liquidités immédiatement, mieux vaut laisser fructifier votre épargne, car la taxe ne se paye qu’à la sortie. En réinvestissant vos plus-values du PEA sur un horizon long terme, la performance aidera à compenser cette augmentation.

Ensuite, envisager des retraits partiels plutôt qu’un retrait total. Après cinq ans, vous pouvez retirer une partie de vos gains sans clôturer le PEA. Cela permet d’étaler la fiscalité et de continuer à faire travailler le reste de votre capital en franchise d’impôt.