La transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) n’a pas fini de susciter des commentaires. France Stratégie, institution qui dépend de Matignon, a rendu public ce mardi 1er octobre son rapport sur l’évaluation des réformes de la fiscalité du capital. Rapport très attendu depuis le remplacement de l’ISF par l’IFI - promesse de campagne du candidat Macron - en janvier 2018. Le rapport rappelle que “l’IFI visait à inciter les investissements dans l’économie française par les plus fortunés, tout en assurant une contribution particulière à l’effort de solidarité nationale sur les actifs immobiliers non affectés à leur activité professionnelle.”

Qu’en est-il un an et demi plus tard ? Ces investissements ont-ils vraiment été réalisés grâce aux réformes de l’IFI, mais aussi du prélèvement forfaitaire unique (PFU) ? “Il est trop tôt pour le dire”, explique Fabrice Lenglart, président du comité. Certes, la confiance des investisseurs est à la hausse depuis la mise en place de ces mesures, mais leurs effets sur l’économie française restent difficilement mesurables. Dès lors, à la suite de ce rapport, le refrain porté par les Gilets jaunes du “cadeau aux riches” pourrait revenir avec force dans les débats publics. Emmanuel Macron a-t-il fait un cadeau aux riches ? En tous les cas, le rapport établi par France Stratégie permet de mieux cerner les foyers fiscaux qui sont assujettis à l’IFI.

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Incontestablement, la modification de l’ISF en IFI a entraîné une perte de recettes fiscales pour l’État. En 2017, le montant net de l’ISF récolté s’élevait à 4,2 milliards d’euros. En 2018, l’IFI n’a rapporté que 1,2 milliard d’euros. De fait, l’’assiette de l’IFI n’est pas la même que celle de l’ISF. L’IFI (articles 964 à 983 du Code général des Impôts) s’applique “à la valeur nette des actifs immobiliers détenus par les personnes physiques d’un même foyer fiscal”. Cette valeur doit être supérieure à 1,3 million d’euros au 1er janvier de l’année d’imposition. Contrairement à l’ISF, l’IFI ne taxe pas les valeurs mobilières (actions, obligations, une partie de l’assurance-vie…). En conséquences, le nombre de contribuables imposables est passé de 360.000 pour l’ISF en 2017 à 130.000 pour l’IFI en 2018. Par ailleurs, le rapport précise que l'impôt a été divisé par trois en moyenne pour les contribuables. Le gain moyen pour les foyers fiscaux est de 6.500 euros.

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Ces 130.000 foyers fiscaux ont déclaré un patrimoine moyen taxable de 2,3 millions d’euros. Selon le rapport, leur cotisation moyenne d’IFI s’élève à 9.730 euros par foyer en 2018. Pour les 10% des foyers au patrimoine le plus faible - c’est-à-dire en-dessous de 1,376 million d’euros - le montant moyen d’IFI à régler est de 1.800 euros. À l’autre bout de la chaîne, pour les foyers au patrimoine immobilier supérieur à 3,5 millions d’euros, l’IFI à payer est en moyenne de 43.700 euros. On le constate, ces chiffres marquent de grandes disparités.

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Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que l’immense majorité des assujettis à l’IFI (plus de 100.000 sur les 130.000 en 2018) sont taxés à 0,70%. C’est-à-dire à la première tranche du barème de l’impôt sur la fortune immobilière. À l’inverse, seulement 1.000 foyers en France sont taxés à 1,5%, le taux le plus élevé du barème. Un chiffre, toutefois, est impressionnant : le total du patrimoine taxé à l’IFI en 2018 pour les 130.000 contribuables atteint 309,5 milliards d’euros. À titre de comparaison, c’est l’équivalent des dépenses consacrées aux retraites dans l’Hexagone pour une année (330 milliards d’euros).

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