"Se parler souvent, s’adapter souvent." C’est le credo d’Emery Jacquillat, PDG de la Camif, spécialiste de l’édition et de la vente à distance de meubles et d’équipement pour la maison. Dans cette entreprise à mission, l’intelligence collective n’est pas un vain mot. Durant la crise sanitaire, alors que le chiffre d’affaires plongeait de moitié, l’entreprise a décidé… de soutenir les fabricants français en les payant dix jours à l’avance et en débloquant 500.000 euros pour une campagne de pub TV. Résultat : l’activité a doublé dans les mois qui ont suivi ! Une souplesse d’action qui doit tout à l’implication des équipes et à la capacité de mobiliser les énergies en interne.

Selon une étude de la Harvard Business Review de 2016, le temps passé en activités collaboratives au travail a augmenté de 50% en moyenne en vingt ans. Pourtant, seule une poignée d’entreprises, telle la Camif, intègrent l’intelligence collective dans leur ADN. "Les autres l’utilisent ponctuellement avec l’objectif de coconstruire la solution à un problème", observe Christelle Mescolini, partenaire chez Acidu, cabinet de conseil en transformation. Or, les études de Google (2016), du Massachusetts Institute of Technology (MIT, 2008) ou de la Harvard Business Review sont unanimes : un groupe où chacun trouve sa place a "plus de chances" de parvenir à la bonne réponse que celui qui fonctionne en mode "sauve-qui-peut". Voici dix clés pour accroître le plaisir de travailler ensemble.

Susciter l’envie de s’engager

Selon le baromètre d’Empreinte Humaine réalisé en novembre 2020, 36% des salariés français ont perdu la fierté de travailler pour leur entreprise et 35% jugent que la crise leur a fait comprendre le manque de sens de leur travail. Or le point commun des boîtes qui font bouger les lignes, c’est précisément leur capacité à susciter l’envie de contribuer à une aventure commune. Cet engagement est l’un des principaux moteurs de l’intelligence collective, soutient Pierre Lévy, directeur de la chaire de recherche sur ce sujet à l’université d’Ottawa. Comment le solliciter ? "En privilégiant des thèmes de réflexion inspirants, tels que la raison d’être de l’entreprise ou sa vision à dix ans", préconise Martin Duval, cofondateur du cabinet Bluenove. Ou encore en invitant à la coconstruction les agents de terrain, qui seront les premiers concernés par la décision prise.

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