Ce petit imprimeur du Sud-Ouest a cru que le ciel lui tombait sur la tête lorsqu’un de ses fournisseurs lui a exprimé sa sympathie : "J’ai appris pour ta liquidation judiciaire… J’espère que ce n’est pas trop dur." Abasourdi, il lui a demandé d’où il tenait cette information. "Ben, de ton concurrent qui se répand sur les réseaux sociaux…" Brutalement, tout s’est éclairé : ces clients qui s’inquiètent de leur commande, ces annulations de fournisseurs à la chaîne… "La force redoutable des "fake news", c’est qu’elles peuvent mettre une entreprise en situation de danger immédiat", s’emporte Florian Silnicki, dont l’agence LaFrenchCom a accompagné l’imprimeur dans sa gestion de crise. "On a sommé le corbeau d’effacer toutes les fausses infos qu’il avait divulguées, il s’est exécuté", raconte le communicant. Mais comme le poison avait eu le temps de se répandre, "nous avons dû rassurer un par un les salariés, les banques et les sous-traitants, preuves à l’appui", soupire Florian Silnicki.

Des histoires comme celle-ci, on en a entendu des dizaines. Artisans, professions médicales, commerçants, entrepreneurs… Rares sont ces indépendants qui échappent encore à la vindicte des réseaux sociaux. "C’est une lame de fond", s’inquiète l’avocat Arnaud Dimeglio, qui voit débouler dans son bureau montpelliérain toujours plus de petits patrons aux abois. Car c’est une chose de se faire traiter de bouffon sur son profil Facebook par un voisin acariâtre pour une histoire de poubelles, c’en est une autre de se voir accuser d’incompétence par un soi-disant client sur sa page professionnelle Google. Dans le milieu médical, on estime que 1 mauvais commentaire peut faire fuir jusqu’à 30 patients. Quant aux artisans, les dégâts iraient de 22% de clients en moins pour 1 avis négatif à 70% au-delà de 4. Bien sûr, beaucoup de ces dénonciations sont fondées. Mais d’autres ne reflètent nullement la réalité. "Leur seul objectif est de détruire la réputation, donc la vie professionnelle ou le business d’un concurrent, d’un fournisseur, d’un ancien associé...", observe Jimmy Barens, Vice-Président Avant-Vente International de Yext (gestion de marques en ligne).

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