Passé un certain âge, retrouver un emploi peut vite devenir le parcours du combattant. Souvent considérés comme trop vieux ou trop expérimentés, les clichés ont la vie dure pour les seniors qui peinent à revenir sur le marché de l’emploi passé l’âge de 50 ans. Comme le rapporte Le Parisien, ces derniers sont encore nombreux à être mis de côté par les employeurs. Si la tendance tend à s’améliorer ces dernières années avec 60,4% des 55-64 ans qui ont un emploi (contre 65,2% pour la moyenne européenne), parmi les seniors à la recherche d’un emploi, les cadres sont ceux qui rencontrent aujourd’hui le plus de difficultés.

En effet, selon une étude réalisée par France Travail et l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) portant sur le portrait type du cadre senior chômeur, celui-ci est plus touché par le chômage que la moyenne. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. 4,6% des cadres seniors sont au chômage contre 4,2% pour l’ensemble des cadres. Ainsi, toujours selon cette étude, en juin 2025, 17 600 anciens cadres âgés de plus de 50 ans étaient à la recherche d’un emploi. Par ailleurs, cette étude démontre que ce sont les hommes qui sont le plus touchés par ce phénomène puisqu’ils représentent 63% de cette proportion, contre 46% pour les non-cadres.

Les seniors prêts à faire des concessions

Afin de sortir de cet engrenage et permettre à ces seniors de retrouver un emploi, l’Apec mise donc depuis quelques mois sur le développement d’ateliers afin de lutter contre les stéréotypes liés à l’âge. «On voit par exemple que beaucoup de seniors restent très motivés à l’idée de suivre une formation, notamment liée aux innovations comme l’intelligence artificielle», explique Hélène Graner, la directrice des données et des études de l’Apec.

S’ils ciblent principalement des postes de commerciaux, liés à l’univers administratif ou à celui des ressources humaines, les cadres seniors n’hésitent toutefois pas à accepter d’autres missions bien différentes de celles qui étaient les leurs. Il peut alors s’agir de missions temporaires comme dans l’informatique (5%), l’enseignement (4%) ou encore les arts et spectacles (3%), ce qui prouve que cette catégorie de seniors n’est pas «rétive au changement de métier ou de domaine professionnel», précise Hélène Garner.