La recherche d’emploi et le rôle d’aidant ne font pas bon ménage. C’est l’un des enseignements de la 3ème édition de l’enquête «Le travail en transitions», présentée le 13 mai par l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage. Pour cette troisième édition, le cabinet Elabe s’est notamment penché sur le statut très particulier des aidants, ces individus qui apportent régulièrement – et sans être rémunérés – un soutien à un proche en perte d’autonomie. Cette «deuxième journée de travail», souvent méconnue parce que passée sous silence par les aidants eux-mêmes, est ainsi plus souvent endossée par des femmes – 54%, contre 46% pour les hommes. Une situation d’autant plus difficile que dans près 7% des cas), l’aidant est également demandeur d’emploi, ce qui représente environ 651 000 chômeurs sur les 9,3 millions d’aidants recensés en septembre 2024.

Une «contrainte du quotidien» qui complique la recherche d’emploi

Un caillou supplémentaire dans la chaussure des chômeurs, a déploré Jean-Eudes Tesson, président de l’Unédic, lors de la présentation à la presse de l’étude. Puisqu’«une personne à la fois demandeur d’emploi et aidant sera bloquée, ou en tout cas perturbée, dans sa recherche d’emploi». La faute à «cette contrainte du quotidien» qui peut par exemple l’empêcher de se rendre à un entretien d’embauche, ou de «prétendre à certains emplois qui lui seraient proposés», comme un job trop éloigné du domicile de l’aidant en question, illustre-t-il.

Et pour ces demandeurs d’emploi aidants et âgés de plus de 50 ans, cette double peine vire carrément à la triple sanction. Car «les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans restent plus longtemps au chômage que la moyenne», alertait Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, lors du lancement du plan d’action national pour l’emploi des seniors, en avril dernier. Deux fois plus longtemps, pour être exact, selon les données publiées par l’Unédic. Parmi les explications avancées : des problèmes de santé plus fréquents avec l’âge qui freinent l’accès à un emploi durable, mais aussi des stéréotypes tenaces qui plombent les candidatures. Résultat, les CV des profils expérimentés finissent souvent au bas de la pile des recruteurs.

Tout cela, il faut «le prendre en compte et collaborer avec France Travail» pour «sécuriser au mieux les parcours d’emploi», a martelé Patricia Ferrand, vice-présidente de l’organisation et représentante de la CFDT. Cela pourrait-il passer par des horaires de rendez-vous aménagés ? Des ateliers adaptés ? Une durée d’indemnisation allongée pour ces demandeurs d’emploi aidants ? Encore trop tôt pour le dire. D’autant que la tendance est plutôt à la disette. Depuis le 1er avril, l’âge à partir duquel un senior peut bénéficier d’une indemnisation chômage prolongée a été relevé de 53 à 55 ans, en cohérence avec le recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite, désormais fixé à 64 ans.