
«Entrez dans votre légende.» Sur son site internet, la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) n’y va pas par quatre chemins. Elle recrute et elle le fait savoir, tout en restant évasive sur les missions proposées. Mais c’est dans ce cadre qu’était organisé début juin le salon Tekkit, rapporte Franceinfo. Des journées portes ouvertes censées attirer une pépinière de talents où la DGSE était présente. Sur leur stand, les services secrets cultivent la discrétion : pas de téléphone, pas de photo et interdiction de communiquer des détails après un entretien.
Dans ce secteur très sensible, la DGSE le sait : la moindre fuite peut être fatale. «La DGSE, c’est une entreprise qui a besoin de recruter et qui veut recruter les meilleurs talents possibles pour qu’on puisse rester les meilleurs dans notre domaine et pour ça, on a besoin de se montrer», explique une spécialiste en cybersécurité. Se montrer, oui, mais sous couvert d’anonymat. Dans ce service qui regroupe 7 500 personnes, seulement 30% des employés sont des femmes.
Des emplois dans 250 métiers
C’est justement un des profils recherchés par «la boîte», le surnom qu’on lui donne. Parmi les recruteuses sur le salon, une ingénieure en cryptographie, et plus précisément en cryptanalyse - l’aspect offensif de la cryptographie - explique qu’elle doit par exemple casser les messages codés dans la lutte antiterroriste. «Nous, on est vraiment très proche de l’opérationnel, on échange avec les analystes qui vont travailler ensuite sur les déchiffrés qu’on peut leur fournir.»
Sur le stand de la DGSE, elle tente de convaincre les futures recrues des spécificités de son métier. Si certains candidats affichent leur volonté de «travailler pour la France», d’autres sont intéressés par les équipements technologiques de pointe que possède la DGSE. Au total, selon 20 Minutes, les services secrets recrutent dans 250 métiers, que ce soit la data, la logistique, la cyberdéfense, l’administration ou les sciences.
Experts en cybersécurité, data scientists…
Son but ? Attirer des candidats qui n’auraient jamais pensé travailler un jour pour elle, car les officiers travaillent désormais main dans la main avec des ingénieurs, des linguistes, des experts en sécurité ou encore des data scientists. Mais tous ont un point commun : participer à la protection des intérêts français. Evidemment, le numérique est au cœur des préoccupations actuellement, détaille 20 Minutes, dans une période où l’intelligence artificielle se développe de plus en plus.
Si certains profils décrits comme techniques (doctorat, bac +5, etc.) sont très recherchés, il est possible également d’intégrer la DGSE via des concours, des stages ou des contrats d’apprentissage. Il y a aujourd’hui à la DGSE seulement un tiers de militaires, contre 39% de fonctionnaires et 29% de contractuels. Quelques règles sont néanmoins à respecter : avoir un casier judiciaire vierge, être français et avoir effectué sa journée défense et citoyenneté, notamment. Chaque année, 600 personnes sont recrutées par les services extérieurs français.




















