Avis de dépression sur l’open-space. Les multiples enquêtes et baromètres qui auscultent la santé mentale des actifs s’affolent depuis des mois : ça ne va décidément pas fort. «La situation sanitaire est certes moins anxiogène an cette rentrée, mais l’état psychologique des salariés reste très préoccupant», constate Christophe Nguyen, patron de la société de conseil Empreinte humaine, qui a réalisé en juin dernier son 10e baromètre. Quatre salariés sur dix se disent en détresse psychologique, près d’un tiers tutoient le burn-out, soit trois fois plus qu’il y a trois ans.

Des résultats en ligne avec le bilan national de Santé publique France en 2021, qui relevait 34% de cas d’anxiété ou de dépression parmi la population générale. A ce sombre tableau, ADP, spécialiste des RH, ajoute quelques indicateurs rouge vif. Son enquête People at Work 2022 relève que deux tiers des salariés français éprouvent du stress au travail au moins une fois par semaine – c’est près de 10 points de plus qu’avant la pandémie – notamment parce que leur charge de travail et leurs responsabilités ont augmenté et que le travail à distance rend les difficultés moins repérables.

Mathilde fait partie de ces jeunes actifs que la désorganisation, l’absence d’empathie d’une hiérarchie déboussolée par le Covid et les démissions en série ont envoyés dans le mur. «Un soir, j’ai fondu en larmes en arrivant chez moi et en constatant que le lave-vaisselle n’avait pas démarré le matin, se souvient-elle. C’était le signal qu’il fallait que j’arrête. Je n’avais plus de force. Je faisais plus d’une heure de route pour rentrer du travail à 20 h 30, comme une automate, sans me souvenir du trajet.»

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