C'était lors du second confinement. Pierre, 45 ans, salarié dans une petite équipe de cinq conseillers en économie d'énergie, n'a pas décoléré depuis : "Alors que nous avions travaillé à domicile au début de la pandémie, notre directrice a cédé aux demandes des trentenaires célibataires qui avaient mal vécu l'isolement du premier confinement et décidé qu'il n'y aurait de télétravail pour personne. Nous avons eu quelques mots !" La décision a plombé l'ambiance dans l'équipe et des mois plus tard, alors qu'il ne peut toujours pas travailler chez lui, Pierre parle encore "d'injustice".

Quadras bien installés séduits par le télétravail, face à des trentenaires étouffant seuls dans leur studio : le conflit est emblématique des nouvelles tensions apparues avec (la fin de) la crise, allant de l'agacement de voir certains collègues porter leur masque sur le coude au refus de revenir plus d'une fois par mois dans l'entreprise. "Des fractures nouvelles apparaissent, confirme Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson Project, cabinet de conseil et de recherche sur le monde du travail. Entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas, ceux qui ont le luxe de partir à la campagne et ceux qui restent urbains malgré eux, et enfin, en présentiel, entre les personnalités que j'appelle "robustes" face aux plus fragiles."

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