Depuis le 1er janvier, les actifs devaient déjà s’acquitter d’un reste à charge pour mobiliser leur Compte personnel de formation (CPF), à savoir 103,20 euros puisque sa revalorisation est indexée sur l’inflation. Mais à partir de ce jeudi 26 février, les règles changent totalement. Dans le cadre de la nouvelle loi de Finances votée début février, le nouveau décret n°2026-127 «relatif aux conditions d'éligibilité au compte personnel de formation et au plafonnement de prise en charge par ce compte de certaines actions de formation» entre en vigueur.

Et les changements sont nombreux, car l’utilisation des droits acquis sur le CPF est désormais plafonnée, relaie RTL. Si le Compte personnel de formation est alimenté de 500 euros pour les personnes travaillant au moins à mi-temps, dans la limite de 5 000 euros (en dessous, le montant est calculé au prorata du temps de travail), il pouvait être utilisé sans plafond pour bénéficier d’une formation. Désormais, le plafond est fixé à 1 500 euros pour une formation, à 1 600 euros pour tous les bilans de compétences et à 900 euros pour le permis de conduire.

Vers de nombreux restes à charge ?

Un temps, les dirigeants d’auto-écoles ainsi que les apprentis automobilistes craignaient ne plus pouvoir utiliser leur CPF pour payer le permis, mais il est tout de même plafonné dans ce décret paru au Journal officiel. Concrètement, cela veut dire que s’il y a un reste à charge sur une formation ou le financement du permis de conduire, ce sera au salarié de le financer. Peu importe le montant sur son CPF et celui de la formation.

Prenons l’exemple d’un salarié ayant 4 500 euros sur son CPF. Si ce dernier désire faire une formation dans le secteur de l’informatique coûtant 2 000 euros, il devra mettre de sa poche 500 euros. Il lui restera alors 3 000 euros sur son CPF. Idem si son permis de conduire lui coûte 1 500 euros, il devra ajouter 600 euros de sa poche et il lui restera alors 2 100 euros sur sa cagnotte.

250 millions d’euros d’économies

Le 21 février, le ministère du Travail justifiait ces nouvelles dispositions en souhaitant réaliser «250 millions d’euros d’économies», dont «150 millions au titre de 2026». Mais pour l’organisation patronale Mobilians, qui regroupe notamment 80% des 10 000 auto-écoles françaises, le gouvernement ferait des économies sur ce recours. Comme nous vous l’évoquions en janvier, le CPF est plébiscité par un quart des candidats au permis de conduire chaque année, et il coûte en moyenne entre 1 500 et 2 000 euros. A noter que le reste à charge reste en vigueur, et il pourrait même, selon Le Parisien, passer de 103,20 euros à 150 euros.