Strasbourg, 00h47, le 10 mars 2021. Un incendie se déclare dans l'un des quatre data centers d'OVHCloud implantés dans la capitale européenne. A 3h42, Octave Kabla, fondateur du fournisseur de services Cloud, publie un premier tweet où il fait état de la situation. Une dizaine d'autres suivront dans la journée, décrivant les progrès des pompiers, les dégâts constatés, puis la feuille de route fixée pour la reprise des services. Un communiqué de presse est également diffusé. L'entreprise s'y engage à informer le public «avec la plus grande transparence» sur les causes et conséquences de l'incident, et sur les solutions mises en œuvre. Aucun blessé n'est à déplorer, mais plusieurs millions de serveurs Web sont inaccessibles. Dans les jours qui suivent, le communiqué et le fil Twitter sont régulièrement mis à jour.

Pour le fleuron du Cloud français, l'objectif n'est pas seulement de remettre rapidement ses services en route. Il lui faut aussi défendre son image et limiter l'impact de l’accident sur ses activités futures. «La communication de crise n’a qu’un but : préserver les actifs de l'entreprise, y compris sa marque, sa réputation et ses collaborateurs», explique Guillaume Foucault, président de CorpCom et auteur de Communication de crise (Télémaque, 2017). Accident, révélations de harcèlement sexuel, pollution, plan social : dans de nombreuses situations, la communication s'avère à la fois incontournable et particulièrement sensible. Elle peut contribuer au retour de l'activité à la normale mais aussi alimenter la crise…

Conscientes de l'enjeu, certaines sociétés s'adjoignent les conseils de consultants spécialisés. Les plus avisées les sollicitent avant même la survenue d’une catastrophe pour apprendre à gérer, à partir de scénarios préétablis, non seulement la crise elle-même mais aussi leur communication. «Dans le domaine maritime, un logiciel a été développé pour simuler la gestion d'une marée noire. Outre la pollution générée, il y a des articles et des reportages TV auxquels il faut réagir», illustre Guillaume Foucault. Pour Laurent Vibert, président du cabinet Nitidis, la préparation doit s'appuyer sur une analyse des menaces auxquelles l'entreprise peut se trouver confrontée. «Cela permet de déterminer à l'avance des éléments de langage et un plan de réaction pour chaque risque identifié», précise cet ancien militaire.

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