
Les chiffres sur le front de l’emploi ne sont pas bons. Et même si le ministre de l’Economie, Roland Lescure, s’est félicité que l’on ait «largement gagné ce combat depuis huit ans», l’Insee est catégorique : au dernier trimestre 2025, le taux de chômage a progressé de 0,2 point, soit 7,9% de la population active. Si l’on se base sur les chiffres sur un an, il s’agit du plus haut taux de chômage depuis le troisième trimestre 2021. Si l’on y ajoute un climat politique et budgétaire incertain, le marché de l’emploi ne s’annonce pas bon.
C’est ce qui ressort des chiffres de la dernière étude menée par L’Usine Nouvelle. Dans le détail, 85% des entreprises de l’industrie et des services à l’industrie sont prêtes à recruter en 2026, toutefois ce sera à des niveaux inférieurs ou équivalents à ceux de 2025. Si les dix plus grosses entreprises interrogées par nos confrères prévoient d’embaucher 74 000 personnes, c’est 11 000 de moins qu’en 2025 et 30 000 de moins qu’en 2024. LVMH (15 300 postes à pourvoir), la SNCF (17 000), Transdev (9 000) et Bouygues (8 500) seront les plus gros pourvoyeurs de postes.
20% d’embauches en moins qu’en 2025
Au total, les entreprises interrogées prévoient 129 000 embauches, c’est 20% de moins que l’année dernière. Et les effets sont immédiats, car comme le précise L’Usine Nouvelle, des sites d’offres d’emploi comme Indeed ont proposé 15% d’offres en moins entre fin 2024 et fin 2025. Parmi celles qui prévoient un nombre de recrutements égal à celui de 2025, il y a peut-être un certain attentisme quant à l’évolution de la situation économique dans le pays. Mais le plus gros enseignement de cette étude, c’est que les jeunes vont pâtir de ce climat délicat sur le front de l’emploi.
Déjà, quand l’Insee a dévoilé les chiffres du chômage en début de semaine, l’institut rappelait que le taux touchant les jeunes était remonté à un niveau plus vu depuis 2018. Selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), la baisse des embauches des jeunes diplômés a atteint 16% en 2025. Et la situation ne devrait pas s’améliorer. Selon l’étude de L’Usine Nouvelle, les entreprises recruteront moins de jeunes cette année encore. Plus globalement, la durée de recherche d’emploi s’est allongée.
Moins d’alternants et de profils qualifiés
Autre catégorie impactée par ces chiffres : l’alternance. En raison notamment de la baisse des aides gouvernementales, les entreprises prévoient d’en recruter moins cette année. Mais tout dépend des secteurs. Interrogé, le groupe Mars ne compte pas diminuer ces embauches, toutefois, il rencontre des difficultés dans le recrutement de profils dits «techniques» et donc très qualifiés. Petit signe d’éclaircie : le 9 février, le géant français Thales a indiqué sa volonté de recruter plus de 9 000 personnes dans le monde en 2026, dont 3 300 en France.
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