En quelques années, le marché du travail a évolué, que ce soit pour les recruteurs, mais surtout pour la génération qui postule. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et, tirés par de nouvelles priorités, les jeunes ont une perception de l’emploi parfois à des années-lumière du patronat. Ces derniers jours, le Medef a par exemple remis sur la table l’idée d’un CDI jeune, provoquant une levée de boucliers, finalement immédiatement abandonnée par le gouvernement. Le CDI, justement, les jeunes en rêvent-ils ?

A en croire la deuxième édition du baromètre sur les aspirations et les comportements des jeunes Bac +5 face au monde du travail dévoilé par l’EDHEC et JobTeaser, il semblerait que non. Plus de quatre diplômés sur dix ne font plus de ce contrat à durée indéterminée - un rêve pour beaucoup il y a encore dix ans - une priorité. Surtout, selon Le Parisien Etudiant, ces étudiants d’écoles de commerce ou d’ingénieurs placent leur bien-être personnel au premier plan. Ainsi, ils sont quasiment tous unanimes (96%) à penser que le travail doit être une source d’épanouissement.

Les jeunes ne veulent plus de stress

Un chiffre en hausse par rapport à 2024. Interrogée par Le Parisien, la directrice du centre des carrières de l’EDHEC et du NewGen Talent centre, Manuelle Malot, rappelle que pour les générations précédentes, le travail «pouvait être synonyme de souffrance, de stress». Ce n’est pas le cas pour eux, et c’est «même hors de question». Ces jeunes interrogés sont par exemple moins d’un tiers à penser que le travail est «un accomplissement personnel».

Qui dit épanouissement au travail, dit soif d’apprentissage. C’est encore plus le cas à la sortie de l’école puisque, selon cette étude, ces jeunes estiment que la durée moyenne d’un premier emploi se situe à 17 mois. Un chiffre en nette baisse par rapport à l’année précédente. «Quand nous les recevons pour des conseils sur leur carrière, nos diplômés disent que la possibilité d’apprendre de nouvelles choses tous les ans est essentielle pour eux, faute de quoi ils sont prêts à démissionner», décrypte Manuelle Malot.

Contribuer à la société, monter en compétences et se doter d’un bon salaire sont autant d’éléments qui animent ces jeunes diplômés, qui s’appuient sur les nouvelles technologies pour postuler. Ainsi, plus de neuf sur dix avouent utiliser l’IA pour décrocher un emploi. En revanche, ils se déclarent peu à l’aise face aux processus automatisés et mettent en avant l’importance de l’humain. Enfin, peu importe la notoriété de la société, ces diplômés plébiscitent d’abord le secteur d’activité.