Le secteur de la défense continue de tirer le marché de l’emploi. Le géant français Thales prévoit de recruter plus de 9 000 personnes dans le monde en 2026, dont 3 300 en France, rapporte franceinfo ce lundi 9 février. Plus de la moitié des recrutements se concentreront sur le secteur de la défense, avec des profils allant de l’ouvrier qualifié à l’ingénieur, et des diplômes allant du CAP au doctorat. Thales recherche notamment des soudeurs, des techniciens spécialisés dans le développement de logiciels et des chercheurs en intelligence artificielle.

Cette politique d’embauche répond à une demande soutenue depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Le contexte géopolitique pousse le spécialiste de l’aérospatial, de la défense, de la sécurité et du transport terrestre à accélérer la cadence de ses activités. «Sur notre activité radar, nous avons plus que triplé la production», explique Matthieu Motillon, directeur des recrutements de Thales en France, auprès de nos confrères.

Au moins 8 000 embauches par an

Ces dernières années, Thales a maintenu un rythme soutenu de recrutements, avec au moins 8 000 embauches par an. En 2025, le groupe a intégré 8 800 collaborateurs, dont 3 000 en France, «à peu près 70%» dans l’ingénierie, précise Matthieu Motillon. Pour 2026, la répartition des 3 300 embauches françaises sera la suivante : 1 630 en Ile-de-France, 290 en Bretagne, 280 en Nouvelle-Aquitaine, 270 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 250 en Occitanie, 220 en Centre-Val de Loire, 180 en Auvergne-Rhône-Alpes et 130 dans les Pays de la Loire.

Al’international, Thales prévoit 800 recrutements au Royaume-Uni, 630 en Amérique du Nord, 530 en Australie, 520 aux Pays-Bas, 450 en Inde, 300 en Allemagne, 240 en Roumanie, 200 à Singapour et 140 en Pologne. Thales n’est pas le seul acteur à accélérer ses embauches. De nombreux grands industriels, comme Dassault ou Safran, ainsi que la Direction générale de l’armement (DGA), multiplient les annonces, souligne franceinfo.

«L’industrie de la défense, c'est à peu près 200 000 emplois en France», indique à franceinfo Benoît Labrousse, président du cabinet de recrutement Randstad France. Or, «près 10 000 emplois ne sont pas pourvus aujourd'hui. Et on projette que d'ici 2030, sur les 200 000, à peu près 60 000 vont partir à la retraite», ajoute-t-il.