Quand on est transfrontalier, on loue les salaires adoptés par nos voisins. C’est le cas notamment en Suisse, où les écarts sont flagrants, rappelle L’Essentiel de l’Eco. Alors que le SMIC français a péniblement dépassé les 1 800 euros bruts au 1er janvier 2026, dans le même temps, en Suisse, la différence est criante. Dans le canton de Genève, il affiche 4 500 francs suisses, soit un peu plus de 4 928 euros. Idem si l’on se fie au salaire horaire, à 24,59 francs suisses (près de 27 euros).

La panacée ? On pourrait croire que oui, car si l’on se réfère aux salaires médians, là encore la Suisse frappe fort : 7 024 francs suisses en moyenne, soit 7 692 euros. En France, il n’est que de 2 190 euros. Un tel écart favorise-t-il le niveau de vie des Suisses ? Pas forcément, soulignent nos confrères. Pourquoi ? Car le niveau de vie est bien plus élevé.

Des loyers jusqu’à 70% plus élevés

Par rapport à la France, c’est 30% à 50% de plus. Au niveau européen, cela explose même entre 50% et 70%, détaillent les études de parité de pouvoir d’achat (PPA). Parmi les facteurs qui font grimper ces chiffres, il y a deux postes de dépense majeurs. D’abord le logement. L’Essentiel de l’Eco prend l’exemple de la ville de Zurich où un simple loyer coûte l’équivalent de 2 200 euros. En moyenne, il faut compter 90% à 150% de plus qu’en France en ce qui concerne les loyers !

Mais ce n’est pas tout. La santé coûte également très cher. Pas de Sécurité sociale comme en France, mais un système universel (le MALal) qui est obligatoire et privé. Or, cette assurance coûte en moyenne 465 francs suisses (509 euros) par mois et par personne, soit plus de 1 000 euros pour un couple. Ajoutés à cela les coûts liés au transport, aux achats alimentaires, etc. et le rapport se resserre avec la France. Si le niveau de vie en Suisse reste supérieur, il ne l’est que de l’ordre de 18% à 30%, précisent nos confrères.

Pourtant, nos voisins helvètes peuvent se permettre de proposer de tels salaires notamment parce qu’ils produisent de la valeur grâce à des secteurs-clés comme l’horlogerie, le luxe, la finance ou encore la pharmaceutique. Raison aussi pour laquelle ils attirent les profils les plus compétents en leur proposant des salaires alléchants. Ainsi, quand les transfrontaliers se rendent en Suisse, ils participent à créer de la richesse suisse.