
Entre François Ruffin et Louis Sarkozy, il y a un monde sur le plan politique. Et cette dernière semaine vient de nouveau de le démontrer. Tout est parti de l’annonce de l’ancien insoumis et député de la Somme, lundi 26 janvier, de se porter candidat à la primaire de la gauche en vue de la présidentielle 2027. En annonçant vouloir défendre le pouvoir d’achat des plus pauvres, François Ruffin a fait une annonce de taille : «Je suis candidat pour les huit millions de personnes qui ont tenu le pays debout pendant la crise Covid.»
Souhaitant une «abolition des privilèges», il veut que «l’exemple vienne d’en haut» et a donc proposé d’être «le premier président au Smic». Une sortie qui a semble-t-il amusé Louis Sarkozy. Le fils de l’ancien président de la République, candidat aux municipales à Menton (Alpes-Maritimes), également chroniqueur sur RMC, s’est amusé d’une proposition qu’il qualifie de «gauchisme démagogique à l’état pur» et même d’«erreur totale». Une «erreur intellectuelle, une erreur politique, et une erreur dangereuse pour la France», a-t-il poursuivi.
Louis Sarkozy favorable à une augmentation des salaires des élus
Louis Sarkozy a regretté ce discours qui veut que «plus un responsable est pauvre, plus il serait vertueux. C’est faux. C’est même l’inverse», martèle l’essayiste de 28 ans. Au contraire, selon lui, il faut mieux payer les élus, à commencer par les ministres et le président de la République : «Un pays sérieux paie bien ceux à qui il confie le pouvoir, ceux à qui il fait confiance, ceux qui ont la charge de le guider», explique-t-il dans sa chronique sur RMC.
Et si le président de la République, les ministres et les députés gagnent bien leur vie (respectivement aux alentours de 16 000, 10 000 et 7 600 euros bruts), pour Nicolas Sarkozy, ce n’est pas assez. «Ce ne sont pas des petits salaires, mais c’est très peu au regard des responsabilités, et ridicule face au privé.» Le fils de Louis Sarkozy estime même qu’ils sont «sous-payés», et d’ajouter : «Un bon dirigeant, compétent, cultivé, expérimenté, dans le privé, gagne deux, trois, cinq fois plus. Et surtout, il a la paix.»
Rendre la politique «désirable et sexy»
C’est ce qui expliquerait, selon lui, pourquoi «les meilleurs ne viennent pas» ou alors qu’«ils partent». Reprenant le slogan de François Hollande se présentant comme «un président normal», le candidat aux municipales l’affirme : «Pour être Président, il faut être exceptionnel. Et on n’attire pas des êtres exceptionnels avec un Smic», insistant au passage sur la nécessité de proposer des salaires «attractifs». Et de dépeindre une situation qui ne fonctionne plus : «La politique doit redevenir désirable, sexy. Or, aujourd’hui, en France, la politique est devenue une punition. On méprise les élus, puis on s’étonne de leur niveau.»
Ainsi, pour avoir de bons résultats, il faut «revaloriser clairement les rémunérations des ministres et des hauts responsables». Ce vendredi 30 janvier, François Ruffin a réaffirmé sur Franceinfo vouloir être payé au Smic dans le cas où il serait élu, «un symbole», a-t-il dit, car «il nous faut une grande loi de séparation de l'argent et de l'État». Et de répéter : «Je ne viens pas là pour l’argent», citant au passage «26 ministres qui ont été pris dans des affaires, dans des conflits d'intérêts».



















