
L’Unédic avait tiré la sonnette d’alarme l’année dernière : le surcoût lié aux frontaliers pour l’assurance chômage est énorme, déjà évalué à 800 millions d’euros. Depuis 2011, le coût total serait évalué à plus de 9 milliards d’euros. Pourquoi le chômage des travailleurs frontaliers est-il dans le viseur de l’Unédic ? Parce qu’aujourd’hui, un frontalier cotise dans l’Etat où il exerce son activité. Mais c’est le pays où il réside qui l’indemnise en cas de chômage. Cela concerne en France aussi bien les transfrontaliers travaillant en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg.
C’est dans ce cadre que le ministre du Travail était à Chypre jeudi 12 février pour un Conseil des ministres afin de tenter de convaincre ses homologues de revoir les règles de l’assurance-chômage, indique Franceinfo. Et si les pertes sont aussi importantes chaque année, c’est que les indemnités versées par France Travail sont calculées sur les rémunérations versées dans les pays dans lesquels ils travaillent. Or, très souvent, que ce soit en Suisse, au Luxembourg ou en Belgique, elles sont plus élevées. En règle générale, les allocations sont donc deux fois supérieures à ce que touchent ceux dans l’Hexagone.
Des allocations deux fois plus élevées
Selon Franceinfo, les allocations-chômage des transfrontaliers étaient équivalentes en moyenne à 2 600 euros, soit deux fois plus que celles des personnes ayant travaillé en France (1 200 euros). Raison pour laquelle la France entend faire porter sa voix pour réformer ces règles. Le problème, c’est que pour parvenir à ses fins au niveau européen, il faut un accord des membres à la majorité. Or, actuellement, beaucoup de pays n’y auraient pas intérêt.
La donne peut-elle changer cette année alors que la France doit réduire rapidement ses dépenses ? Jean-Pierre Farandou semble y croire. En octobre dernier, le président de l’Unédic, Jean-Eudes Tesson, réclamait à certains pays, comme la Suisse ou le Luxembourg, «de rembourser le gras qu’ils font sur le dos de notre régime d’assurance chômage», tout en ne rejetant pas la faute sur les demandeurs d’emploi, mais sur «un système anormal qui crée des bénéfices collatéraux dont les frontaliers profitent».
Il y a quelques jours, dans le cadre des négociations sur l’assurance-chômage, patronat et syndicats ont entamé de nouvelles discussions. La CPME a plaidé notamment pour la dégressivité des allocations à l’ensemble des chômeurs. Si la CFDT n’est pas encore totalement convaincue, elle serait d’accord pour l’étendre aux salariés qui ont signé une rupture conventionnelle. Le gouvernement leur a réclamé de trouver 400 millions d’euros d’économies.



















