
2,43 millions. C’est le nombre de recrutements envisagés en 2025 par les employeurs, d’après l’enquête annuelle sur les besoins en main-d'œuvre publiée le 11 avril par France Travail (ex-Pôle emploi). Une baisse de 12,5% par rapport aux résultats de l’année précédente, qui se traduira concrètement par «350 000 projets de recrutement en moins par rapport à 2024», chiffre Cyril Nouveau, directeur de l’activité statistique chez l’opérateur public. Si les entreprises serrent la vis, ce n’est pas tout à fait un hasard. Il faut dire que la situation actuelle est particulièrement instable : entre la dissolution, la difficulté d’établir un budget pour la France et la plus récente guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis, les patrons préfèrent jouer la carte de la prudence. A tel point que «moins d’un quart des 450 000 employeurs interrogés envisagent de recruter cette année». En 2024, ils étaient pourtant 28%.
Alors, faut-il ranger son CV et oublier tout projet pro cette année ? Pas forcément. Car derrière cette tendance générale à la baisse, de nombreuses entreprises continuent à chercher activement de nouveaux talents. Mieux : la moitié d’entre elles (50,1%) anticipent de sérieuses difficultés de recrutement. Et ce, parce qu’elles ne reçoivent pas assez de candidatures. Pour mettre toutes les chances de votre côté, France Travail met à disposition une carte interactive qui vous permet d’identifier les métiers les plus demandés, selon votre localisation géographique. De quoi vous permettre de cibler les secteurs porteurs, et proposer vos candidatures là où elles ont le plus de chances d’aboutir.
Des besoins de recrutement qui varient selon les régions et les villes
Car d’une région à une autre, les besoins de main-d'œuvre ne sont pas les mêmes. En Auvergne-Rhône-Alpes, les serveurs dans la restauration et l’hôtellerie sont en tête des profils les plus convoités. Rien d’étonnant dans une région où l’activité touristique bat son plein, entre stations de ski et villes dynamiques, comme Lyon ou Grenoble. En Nouvelle-Aquitaine, les priorités sont toutes autres. Sur les 270 000 projets de recrutement annoncés dans cette région en 2025, les métiers agricoles arrivent largement en tête : agriculteurs, viticulteurs, ouvriers viticoles… Un besoin logique dans un territoire à forte dominante rurale, connu pour ses vastes exploitations et son savoir-faire viticole.

Mais à y regarder de plus près, la tendance peut s’inverser d’une ville à l’autre. Prenez Dax, dans les Landes : ici, ce ne sont pas les exploitants agricoles qui manquent le plus, mais les garçons de café. Même phénomène en Ile-de-France, où chaque département suit sa propre logique de recrutement. A Paris intra-muros, les serveurs sont également en tête de liste. Mais à quelques kilomètres de là, le Val-de-Marne affiche d’autres priorités : ici, ce sont les agents d’entretien que les employeurs vont s’arracher cette année.
Notez également que ces 2,43 millions d’embauches prévues par France Travail seront très probablement «supérieures dans la réalité», prédit Cyril Nouveau. Plusieurs raisons à cela : au moment de l’enquête (entre octobre et décembre dernier), les employeurs n’avaient pas toujours une visibilité complète sur leurs besoins futurs. Par ailleurs, un recrutement en entraîne souvent un autre : un salarié embauché ici laisse un poste vacant ailleurs. C’est particulièrement vrai dans les secteurs soumis à un fort turn-over (comme la restauration) ou au jeu de chaises musicales de l’intérim.



















