
Si vous optez pour un de ces métiers, vous n’aurez pas besoin de chercher pendant plus de sept mois avant d’en trouver un. En tout cas, à en croire l’étude des rémunérations de 2026 du cabinet de recrutement Hays. Reposant sur les réponses de 2 500 salariés et 620 recruteurs, opérant pour la grande majorité dans des milieux de cadres et/ou directeurs, cette étude indique notamment que 45% des personnes cherchant un nouvel emploi - pas forcément en étant au chômage - y passe sept mois minimum avant de voir leur tentative enfin couronnée de succès. Un quart (25%) prospectent même plus d’un an pour trouver leur nouveau poste.
Bref, vous l’aurez compris, la recherche d’emploi peut s’avérer compliquée pour beaucoup. Mais, pour certains, c’est tout l’inverse. En effet, notamment dans le secteur de la tech/informatique, certains métiers se trouvent dans une situation de pénurie et sont donc très activement demandés par les recruteurs. Cette demande ardente de leur part place les salariés et/ou demandeurs d’emploi sur ces métiers en position de force pour la négociation de leurs conditions d’embauche. Résultat : leurs salaires vont certainement être revus à la hausse. Voici la liste, du dixième au premier, rémunérations incluses, le tout avec l’éclairage de Pierre Gromada, directeur du contracting et portage salarial chez Hays.
10 - Chef de projet en transition énergétique
Pas de surprise pour celui-là, notamment si vous avez jeté un coup d'œil à la liste des dix métiers “verts” les plus recherchés en 2025. «Il y a beaucoup de projets en lien avec l’ambition du bas carbone, aussi bien dans le domaine du bâtiment avec les panneaux photovoltaïques que dans celui de l’informatique avec les systèmes de refroidissement», indique Pierre Gromada. Cette année, ce sera donc encore le cas, pour un salaire qui oscille entre 38 000 et 55 000 euros brut par an selon votre expérience, avant négociation.
9- Ingénieur industriel / Ingénieur de production
«Les secteurs en forte demande sont surtout ceux de l’aviation, la recherche avec la pharmacovigilance notamment, l’énergie ou encore la défense», explicite le directeur du contracting et portage salarial chez Hays. La fourchette salariale est, cette fois, plus étendue avec une rémunération qui se situe entre 38 000 et 70 000 euros brut par an en fonction de l’expérience.
8- Recruteur / Talents acquisition
Non, vous avez bien lu. Il manque des recruteurs pour… recruter ! Mais, attention, c’est plus compliqué que cela : «Il s’agit des recruteurs spécialisés, indique Pierre Gromada. C’est un métier qui nécessite une compréhension technique du métier, notamment dans le secteur de la santé, de la tech ou encore de l’audit et expertise comptable. En France, les sociétés informatiques se battent pour les débaucher, les dénicher», prend-il en exemple. Pour ces perles rares, le salaire oscille entre 35 000 et 50 000 euros brut par an.
7- Contrôleur de gestion / Analyste financier
Bonne nouvelle pour les concernés, moins bonne pour l’économie : «Beaucoup de nos clients ont pour projet de ralentir l’investissement. Quand il y a des tensions économiques, ce métier est très demandé, expose l’expert. Ce dernier a un rôle clé dans les entreprises car il analyse les finances de l’entreprise sous différents angles, ce qui donne de la clarté et de la visibilité à l’employeur», poursuit-il. Pour tout cela, la rémunération varie entre 38 000 et 85 000 brut par an.
6- Responsable logistique / Supply chain manager
Et ce, pour une raison très simple : «La livraison des colis a explosé en France, selon Pierre Gromada. S’il y a plus de colis, il y a plus d'approvisionnement et les chaînes de production doivent s’améliorer pour suivre», conclut-il. Selon que vous soyez responsable usine, distribution et transports ou approvisionnement, vos émoluments évoluent entre 38 000 et 85 000 euros brut par an. Cela peut monter à 150 000 euros brut par an si jamais vous êtes directeur / responsable supply chain.
5- Expert cloud & Dev Ops
Début de l’hégémonie de la tech dans ce classement avec ces métiers, qui ne seront pas seulement recherchés qu’en 2026 mais dans les années à venir : «Ces métiers sont en croissance avec la digitalisation continue des entreprises, prévoit Pierre Gromada. La maîtrise des données est devenue extrêmement importante pour ces dernières», constate-t-il. Des arguments qui justifient une rémunération allant de 44 000 à 80 000 euros brut par an.
4- Développeur full-stack
Toujours dans le milieu de la tech mais à la surprise générale pour notre expert : «Je ne vais pas vous mentir mais j’étais très étonné de le voir dans le classement parce que, pour en avoir discuté avec de nombreux dirigeants de la tech, ils les trouvaient dans des pays comme l’Espagne, le Portugal, la République Tchèque». Mais pas tant une surprise que cela, quand on s’y intéresse de plus près selon lui : «Le métier de développeur est en pénurie sur les langages de programmation anciens. Par exemple, le langage Cobol, créé en 1959, est très utilisé par les banques mais il n’intéresse pas les jeunes alors que ces dernières ne sont pas prêtes à le remplacer», éclaire-t-il. Une spécialisation qui pourrait donc rémunérer plus, alors même que les salaires actuels oscillent entre 40 000 et 68 000 euros brut par an pour cette profession.
3- Business Analyst
On débute le podium avec une fonction apparemment cruciale dans la tech : «Il s’agit d’une fonction charnière entre les équipes informatiques et les équipes opérationnelles, formule le directeur contracting chez Hays. Il s’occupe de la transition informatique-business et vice versa», précise-t-il. Un métier pour lequel les émoluments évoluent du simple au double selon l’ancienneté, c’est-à-dire de 35 000 à 70 000 euros brut par an.
2- Data scientist / Data analyst
Cette place s’explique par une modernisation toujours plus poussée des entreprises : «De plus en plus d’entreprises, même les PME (ndlr : Petites et Moyennes Entreprises), ont besoin de savoir utiliser la data afin de l’exploiter, notamment pour les postes de direction, indique Pierre Gromada. Il y a aussi un lien avec l’IA car il faut que les infos soient propres avant d’y être transposées», détaille-t-il. Très demandée, la rémunération est donc attractive, fluctuant entre 47 000 et 89 000 euros brut par an.
1- Ingénieur cybersécurité
Enfin, la première place de ce classement ! Et, comme annoncé en prélude de celui-ci, le métier en question est issu de la tech. De même que les quatre le précédant : «C’est très lié à la modernisation des systèmes de sécurité», relève l’expert. Rien d’étonnant donc à ce que l’ingénieur cybersécurité soit le métier le plus demandé en 2026. Même si ce n’est souvent pas un recrutement réfléchi en amont : «Beaucoup de clients prennent la sécurité au sérieux une fois qu’ils ont eu un problème, note Pierre Gromada. Dès lors, ça devient leur priorité», conclut-il. Et, cette sécurité a un coût, en l’occurrence de 44 000 à 86 000 euros brut par an selon les profils.

















