
Quels sont les principaux enseignements de la vaste étude menée par Mastercard sur l’entrepreneuriat au féminin ?
Barbara Sessa : Cette étude, menée dans 41 pays, révèle une forte envie d'entreprendre : en France, 3 femmes sur 10 envisagent de créer leur entreprise dans l'année. C'est un chiffre significatif, mais inférieur à la moyenne européenne (40%) et bien en deçà du Portugal (56%) et de la Grèce (40%). Le premier frein identifié reste l'accès au financement : seulement 2% des capitaux investis en Europe vont vers des entreprises créées par des femmes, un chiffre qui stagne depuis cinq ans. Le manque de confiance en soi est aussi un obstacle majeur pour 23% des femmes interrogées, contre 17% des hommes. Enfin, la peur de l'échec et la difficulté à concilier entrepreneuriat et vie personnelle sont aussi des barrières récurrentes.
Les freins sont-ils les mêmes dans tous les pays ?
Oui, et c'est ce qui frappe. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Asie, l'accès au capital est le principal défi pour les entrepreneuses. En Europe, la création d'entreprise par les femmes est plus répandue dans des pays comme le Portugal (56% envisagent d'en créer une dans l'année) ou la Grèce (40%), mais plus par nécessité que par opportunité. On remarque aussi que les secteurs préférés des femmes pour entreprendre sont la santé, l'hôtellerie, la garde d'enfants, tandis que la tech reste sous-représentée. Or c'est justement vers ce secteur que les investisseurs se tournent massivement aujourd'hui.
Quelles solutions pour lever ces obstacles ?
L’éducation et l’accompagnement sont clés. La formation à la gestion d'entreprise, notamment à la rédaction de business plans, est une demande forte des entrepreneuses. L’accès au digital est aussi crucial : aujourd’hui, sans présence en ligne, un commerce a peu de chances de se développer. Chez Mastercard, nous avons mis en place plusieurs programmes, comme Strive, qui aide les PME à se digitaliser, ou Start Path, pour accompagner les start-up dans leur croissance. En Pologne, nous avons soutenu des entrepreneuses ukrainiennes à travers le programme Thrive. Ces initiatives visent à donner aux femmes les outils pour concrétiser leur projet et pérenniser leur activité.
Quel impact économique pourrait avoir le développement de l'entrepreneuriat féminin ?
D'abord, les femmes représentent 52% de la population. Restreindre leur accès à l'entrepreneuriat, c'est donc se passer d'un grand nombre d'idées d'entreprises et d'une croissance potentielle. C'est d'autant plus vrai que l'économie européenne repose à 99% sur des PME ; il y a donc un véritable enjeu à permettre aux femmes de se lancer, et dans un premier temps avec des entreprises de petite taille. De plus, les femmes expriment davantage le souhait d'investir dans des secteurs d'avenir et à impact social fort, comme la santé, l'éducation, les services à la personne, etc. Pour adresser ces besoins essentiels, il est donc urgent de faire bouger les lignes et d'offrir aux femmes un meilleur accès à l'entrepreneuriat.
Entreprenariat au féminin : le financement est le premier frein

Fondée en 1966, Mastercard est une entreprise technologique spécialisée dans le secteur des paiements. Présente dans plus de 210 pays, elle accompagne aussi le développement des petites et moyennes entreprises à travers le monde grâce à des solutions numériques et des programmes de soutien. Depuis 2020, 37 millions d'entre elles ont été accompagnées par Mastercard.
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