«La greffe ne prend pas.» C’est ce qu’a dit le DRH de cette grande mutuelle à Lydie, directrice informatique en poste depuis trois mois, en lui annonçant que sa période d’essai n’était pas concluante et devait être renouvelée. A 45 ans, Lydie a passé une dizaine d’années dans le secteur de la bancassurance, après des débuts en société de service. Elle a débuté comme analyste-programmeuse, puis gravi les échelons jusqu’à devenir chef de projet, puis chef de service. Elle a quitté son dernier employeur pour ce poste de directrice, où elle gère trois services et une équipe de 45 personnes. Sous l’autorité du DAF, elle n’est pas membre du comité de direction, mais y est souvent invitée pour son expertise technique. Elle se définit comme quelqu’un de «très opérationnel, orienté vers le résultat», qui n’aime pas la langue de bois, et pour qui la clarté et la précision sont des valeurs essentielles. Le DRH lui a proposé un renouvellement de sa période d’essai, et un coaching pour «améliorer ses pratiques managériales». C’est aujourd'hui sa première séance.

• J’ai déjà entendu cette métaphore de la greffe. Comme si vous étiez un organe étranger qui risque d’être rejeté par le corps. Elle sert souvent à justifier un licenciement sans trop se casser la tête à expliquer le pourquoi du comment.
• «Rejetée par le corps», c’est une bonne image de ce qui m’arrive depuis que je suis rentrée chez H. Je me sens vraiment comme un organe étranger.

>> Notre service - Vous cherchez un emploi ou voulez en changer ? Retrouvez des milliers d'offres sur notre site

• Depuis le premier jour ?
• Ah oui, vraiment ! Le problème, c’est que dans ma direction, il y a trois services, avec trois chefs censés me faire du reporting. Et, sur les trois, deux ne reconnaissent pas du tout mon autorité. Ils n’en font qu’à leur tête. Le premier d’entre eux est protégé, car c’est un gendre ou un cousin, je ne sais plus, de l’actionnaire. Il me court-circuite systématiquement et ne veut parler qu’au DAF en direct. Le second accumule les boulettes et ne tient aucun compte de mes directives. La troisième (c’est une femme) se tient soigneusement à l’écart de ces rivalités et fait tourner son service très professionnellement. Je ne sais pas trop quoi en penser. En tout cas, je ne pense pas qu’elle ait participé à cette exécution…

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement